Chili/Education et formation

Le Chili: un pays à l’avant-garde de l’éducation néo-liberale

"Pour une éducation gratuite, la rébellion est légitime !!!"

L’Etat chilien a introduit les premières contre-réformes néo-conservatrices dans le système éducatif à partir des années 1980. C’est à dire dans un pays qui est gouverné par une dictature militaire, depuis le renversement du gouvernement de gauche d’Allende en 1973. Durant cette décennie, les prérogatives de l’Etat en matière d’éducation ont été progressivement transférées à différentes entreprises privées. Un nouveau marché a été créé, encouragé par l’Etat qui subventionne sans distinction les établissements publics et établissements privés.

Durant les années 1990, le gouvernement a édicté une loi qui permet aux établissements scolaires – quelque soit le niveau scolaire – de facturer aux parents d’élèves des taxes, d’une part, et, de l’autre, de recevoir des dons (déductibles des impôts !) de la part des entreprises.

Ce n’est donc pas un hasard si le pays consacre seulement 3,1% du Produit intérieur brut (PIB) à l’éducation, dont la moitié seulement est allouée aux institutions publiques. Il s’agit d’un des taux les plus bas au monde. À titre de comparaison, l’Unesco recommande d’y consacrer au moins 7%. Actuellement, la part du PIB consacrée à l’éducation oscille entre 4,8% en Italie et en Allemagne, 7,2% au Etats-Unis  et 5,7% en Suisse. A ce sous-investissement dans l’éducation, il faut ajouter le fait que la concurrence entre établissements scolaires est devenue désormais une norme. Dans ce contexte, la qualité de l’éducation est fortement tributaire des moyens financiers, très inégaux, dont disposent les différentes écoles et universités.

Dans l’enseignement supérieur, il y a 940 000 étudiant-e-s aujourd’hui, soit 5 fois plus qu’en 1990. La loi impose aux universités un taux d’autofinancement très élevé, situé à 80%, qui est assuré en grande partie par la participation financière des étudiant·e·s et de leurs familles. D’après les données de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le coût de la formation qui incombe aux étudiant·e·s et à leurs familles au Chili est l’un des plus élevés au monde : il s’élève à environ 80% contre 3,4% au Danemark, 17% en Espagne, 28% au Mexique et 34% aux Etats-Unis !

Il n’est donc pas étonnant que la revendication d’un système scolaire démocratique soit au centre des revendications du mouvement étudiant chilien. L’endettement des étudiant-e-s et de leurs famille est insoutenable: il faut débourser de sa poche en moyenne 3400 dollars [un peu moins de 4000 francs] par année pour étudier, ce qui correspond à 22% du revenu annuel moyen. A un tel coût, l’éducation de qualité est donc réservée aux familles aisées. De surcroît, les écoles peuvent également choisir leurs propres étudiant·e·s ! Ce système permet donc de « trier » les jeunes selon leur classe sociale pour assurer la reproduction sociale de l’élite au pouvoir.

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