Grèce

Grèce: un laboratoire des destructions sociales en Europe

Le 9 octobre dernier, Hara Vasilika, étudiante en chimie à Salonique, activiste de DEA (Gauche ouvrière internationaliste), organisation membre de Syriza (Coalition de la gauche radicale – qui a réunit 27% des suffrages lors du scrutin du 17 juin 2012), était présente à Genève lors d’une soirée de discussion organisée par le Cercle la brèche. Nous reproduisons et traduisons son exposé introductif.

Pour ce qui a trait aux derniers développements, et notamment aux relations entre la Grèce et l’Allemagne on lira avec profit l’article suivant: http://alencontre.org/europe/austerite-autoritaire-merkel-et-samaras.html (CLB)

Merci à toutes et à tous pour votre invitation. Je suis contente d’être parmi vous ce soir pour vous parler de la situation sociale et politique en Grèce.

Nous savons aujourd’hui que tous les discours et les «sages» plans des plus «brillants esprits» de l’Europe sont tombés en ruines. Au cours des deux dernières années, de nouveaux accords entre la Grèce et la fameuse «troïka» (le FMI, la Banque centrale européenne et la Commission européenne) ont été conclu à différentes reprises. Le même schéma s’est reproduit à chaque fois, avec un accord échouant après l’autre. Ils réalisent, en fait, que la dette grecque est incontrôlable et même leurs critiques prédisent qu’elle ne sera diminuera pas au cours des prochaines années. Les plus optimistes estiment qu’après vingt ans des pires mesures d’austérité la dette atteindra le niveau qu’elle avait il y a deux ans, alors que c’est, souvenons-nous, ce même niveau de dette qui était jugé inacceptable! Et nous allons voir à quel prix ces mesures sont imposées.En 2009, le gouvernement du Parti socialiste grec, le PASOK, a entamé un travail difficile. Après avoir réalisé l’ampleur de la dette grecque, il demanda de l’aide tout d’abord au FMI puis à la Banque centrale européenne et à la Commission européenne.

Après avoir remporté les élections de 2009 avec 44% des voix, le PASOK disposait de la «confiance» pour commencer à mener les politiques d’austérité bien qu’il ait été élu sur un programme complètement différent. «Il y a de l’argent disponible» était le slogan principal du PASOK avant les élections. Deux mois plus tard, le gouvernement résolu d’arracher cet «argent disponible» des mains du peuple.

Deux ans plus tard, à l’automne 2011, la crise politique, qui s’est développée à la suite de la mise en œuvre du premier paquet des mesures d’austérité, arriva à maturité. Les grèves importantes, les manifestations et les occupations qui se sont succédé heurtèrent le gouvernement et l’obligèrent à démissionner. Après des jours de négociations fiévreuses, les principaux partis de l’establishment politique grec aboutirent à un accord sur la formation d’un «gouvernement de salut national» dirigé par Lucas Papademos, un ancien fonctionnaire de la Banque centrale européenne. Une alliance de trois partis – le PASOK, le LAOS [parti d’extrême-droite ultra-orthodoxe, aujourd’hui éclipsé par les nazis d’Aube Dorée] et la Nouvelle Démocratie – décida de l’établissement de ce nouveau gouvernement. Il fut encore plus faible que le précédent puisque personne ne donna aux trois partis la légitimité pour mettre en œuvre de telles négociations et de décider de la formation d’un nouveau gouvernement. La transmission du pouvoir gouvernemental à un banquier est un symbole frappant de la façon par laquelle le processus de prise de décision a été remis directement aux banquiers – aux requins usuriers locaux et internationaux.

Les forces sociales rencontrées lors des grèves générales de 48 heures – les grèves les plus importantes depuis la chute de la junte militaire des colonels en 1974 –, les forces sociales qui ont perturbés les parades militaires du 28 octobre et du 25 mars [Les deux fêtes nationales grecques: la première, jour du NON, marque la date durant laquelle, en 1940, le gouvernement dictatorial grec de Metaxas refusa d’entrer en matière sur l’ultimatum de l’Italie fasciste de laisser ses troupes entrer en Grèce et d’occuper des lieux stratégiques, signifiant le début de la guerre; la seconde marque le début de l’insurrection grecque, en 1821, contre la domination ottomane – à noter que la Résistance contre les nazis, qui fut l’une des plus importantes en Europe, est fortement effacée] transformant des jours fériés respectés en des journées de contestation et de manifestations; sont les mêmes forces sociales qui menacent de faire irruption une fois encore sur le devant de la scène et de détruire le nouveau gouvernement.

On peut déjà voir un signe de «l’automne chaud» que nous allons à travers les importantes mobilisations qui se sont déroulées à Thessalonique le 8 septembre. Cette date correspond au jour d’ouverture d’une foire internationale qui se tient chaque année dans cette ville et durant laquelle, traditionnellement, le Premier ministre vient annoncer la politique économique de la saison qui débute. Le fait qu’Antonis Samaras – qui est aussi leader de la Nouvelle démocratie – ne soit venu que pour deux heures au lieu de rester pour quelques jours comme c’était l’usage illustre la crainte du gouvernement face aux réactions populaires.

Plus encore, l’immense grève générale du 26 septembre, à laquelle les dirigeants des deux fédérations syndicales (ADEDY, la Confédération du secteur public, et GSEE, Confédération du secteur privé) ont appelé sous la pression des syndicats de base, nous donne l’espoir que le peuple ne laissera pas le gouvernement appliquer son nouveau paquet de mesures d’austérité s’élevant à 13 milliards d’euros qui doit être adopté au parlement dans les jours prochains.

Voici, synthétiquement, les résultats d’environ deux ans d’austérité:

  • Le chômage atteint le 25% de la population et continue à croître. Il s’élève à 55% parmi les jeunes et à 67% parmi les femmes.
  • Les boutiques et les petites industries fermement les unes après les autres.
  • Des diminutions de salaire atteignant 30% frappent les employés du secteur public, en particulier les travailleurs à bas salaires, mais aussi les travailleurs du secteur privé.
  • Le salaire minimum a été diminué à 480 euros mensuels [sur 700 euros auparavant] et les créanciers exigent qu’il soit encore plus bas avec les nouvelles mesures.
  • Des impôts supplémentaires s’ajoutent les uns après les autres [sur les cigarettes, l’électricité, la TVA, etc.].
  • Les fermetures d’écoles, d’hôpitaux et de jardins d’enfant se succèdent. D’une manière générale, la sécurité sociale s’effondre.
  • Les prix des biens élémentaires montent.
  • D’importants droits de la classe laborieuse ont été supprimé, laissant aux employeurs et à la classe dominante plus de liberté de traiter leurs employé·e·s comme ils le souhaitent. Le droit de négociation collective est attaqué – un loi passée l’année dernière permet aux employeurs de signer des contrats d’entreprise, contenant des dispositions largement plus défavorables aux travailleuses et travailleurs que les contrats habituels qui étaient négociés à l’échelle d’une branche économique. Pire encore, des contrats individuels peuvent être signés avec chaque employé, faisant disparaître toute dimension de négociation et de droits collectifs.

Pour saisir la brutalité de ces mesures, il faut souligner que la population grecque bénéficiait d’un certain nombre de droits conquis lors des luttes des années 1970: gratuité de la formation, droits sociaux et syndicaux, etc. Si, à l’instar de la dynamique engagée dans la plupart des pays européens, beaucoup de mesure on été initiées il y a une décennie, la réalité est que la classe dominante profite de la crise pour pousser ses projets de destruction sociale aussi loin qu’elle le peut.

Tout cela plonge les gens dans la pauvreté, la misère et le désespoir. Le nombre de sans-domicile, de personnes qui mangent aux soupes populaires et qui vivent au-dessous de la ligne de pauvreté augmente rapidement. C’est quelque chose qui l’on remarque plus dans les grandes villes, mais cela ne cesse de croître. Les gens qui se suicident de façon à ne pas laisser de dette à leurs familles augmentent aussi de façon dramatique, alors que la Grèce était le pays d’Europe qui enregistrait le plus faible «taux» de suicides.

Les jeunes ne voient pas d’avenir et ceux et celles qui migrent pour trouver un avenir meilleur sont des milliers. Tout indique que le volume de l’émigration grecque pour la seule année 2011 approche celui des années 1960 alors que le nombre d’émigrants et de réfugiés [en raison de la dictature des colonels] était le plus élevé de toute l’histoire moderne de la Grèce. Tous les jours qui passent, nous nous apercevons que la classe dominante a décidé de briser ceux qui permettent, au prix de leur sueur, le maintien de leurs profits. Au cours des dernières années, et même actuellement, personne n’a proposé qu’ils mettent la main à la pâte. Une chose qui illustre cette réalité est le fait que le seuil au-dessous duquel les travailleurs indépendants [on en compte un peu moins de 800’000 en Grèce] ne paient pas d’impôt a été supprimée, ce seuil s’élevait avant à 5000 euros par année. Par contre, ceux qui gagnent plus de 1oo’000 euros par année verront leurs impôts diminuer d’environ 20%. Nous comprenons que nous sommes face à une véritable guerre de classes.

L’ampleur de l’attaque a provoqué jusqu’à maintenant des réactions mêlées et contradictoires. Le fait que la série d’affrontements précédents – qui comprenait des grèves de un ou deux jours ainsi que le mouvement d’occupation des parcs [«indignés»] – avec l’ancien gouvernement n’ait pas rencontré de succès est un autre facteur expliquant la démoralisation. Ces mêmes facteurs, d’un autre côté, ont permis à un nombre significatif de personnes de comprendre que la lutte est la seule véritable option dont nous disposons pour protéger nos vies.

Les travailleurs des transports publics, les employés de municipalités ou d’organismes publics qui sont sur le point d’être fermés ou d’être fusionnés constituent seulement quelques exemples parmi d’autres de secteurs qui partirent en grève pendant des jours, empêchant le gouvernement de mettre en application ses projets. L’étonnante grève des métallurgistes, l’importante résistance des gens contre les nouveaux impôts ajoutés aux factures d’électricité et le refus de s’acquitter des gigantesques frais de péages montrent que quelque chose bouge vraiment. Un mouvement de désobéissance civile «nous ne pouvons payer/nous ne payerons pas» est en train d’émerger. Tous les partis et toutes les organisations de la gauche soutiennent ce nouveau mouvement en dépit du manque d’action commune, qui constitue un obstacle sérieux.

Face à ces pressions, les dirigeants des deux confédérations syndicales – qui étaient encore alignés politiquement sur le PASOK au gouvernement – ont été contraint de bouger. Des grèves de un ou deux jours réunissant des fonctionnaires et des travailleurs des entreprises publics se sont déroulées au cours des deux dernières années.

Nous ne devons pas sous-estimer les liens historiques tissés entre les syndicats et le PASOK. Actuellement, cette alliance fait face à la plus grande crise qu’elle n’a jamais eue. PASOK a été violemment transformé. Il a voté et mis en oeuvre des politiques que même un gouvernement ultra-libéral de la droite aurait hésité à réaliser. Certains syndicats ont par conséquent rompu leurs liens avec le parti socialiste. La situation au niveau des militants de base est bien plus explosive. Là où des élections ont eu lieu dans les syndicats, il y a eu un clair déplacement en direction des forces de gauche. Cette tendance va s’amplifier. Nous ne pouvons ni prédire l’issue ni deviner quel sera le comportement des dirigeants syndicats mais une chose toutefois est certaine: la fonction du PASOK comme représentant des travailleurs est définitivement mise à mal. Les ultra-libéraux au sein du parti soutiennent en fait cette transformation, affirmant dans une déclaration commune qu’il était nécessaire de rompre avec la «tolérance» passée du parti avec les syndicalistes.

L’atmosphère combative est présente et toutes les luttes dont j’ai parlé sont en cours. La situation instable accentue toutefois la nécessité d’une intervention organisée et consciente de la gauche radicale. Beaucoup ont réalisé devant la dure réalité des faits que des grèves générales de 24 heures n’arrêteront pas l’attaque. La Grèce a connu un nombre important de ces grèves au cours des deux dernières années et demie mais aucune n’a été victorieuse. Sous la pression du chômage et des réductions salariales drastiques, de nombreux travailleurs se demandent s’il vaut la peine de sacrifier leur salaire. Les activistes organisés doivent intervenir sur cette question en revendiquant des grèves continues et croissantes qui en «valent» vraiment la peine.

Il appartient aux activistes de la gauche d’expliquer que des «actions spontanées» ne sont pas suffisantes, que des occupations comme celle de la Place Syntagma [place de la Constitution, située devant l’édifice du Parlement] ou la dernière grève générale sont très utiles mais que si ces moment ne conduisent pas à une vague de lutte sur les lieux de travail et dans les quartiers, où des plus grandes et bien plus importantes batailles sont engagées, les grévistes ne gagneront pas. Dans le même sens, des actions de grève comme les grèves générale de 48 heures qui se sont déroulés en juin, octobre et février ne peuvent être laissées entre les mains des dirigeants syndicaux si nous voulons qu’elles remportent des succès et qu’elles soient efficaces.

Un autre front de luttes est celui de l’éducation. Une loi imposant de nouvelles mesures d’austérités et des coupes budgétaires dans les universités publiques a été passée au cours de l’été 2011. Les étudiant·e·s ont donc organisé des occupations dès le premier jour de la session académique. Au cours du mois de septembre [2011], quelque 300 départements d’universités étaient occupées. Nous assistons à un clair renouveau de l’activisme après quelques années de relatives passivités [après les mouvements de 2008].

Les lycéen·nes, leurs parents et leurs enseignant·e·s résistent à la fermeture d’écoles et revendiquent leurs droits les plus élémentaires: des livres et des enseignant·e·s.

L’attaque contre l’éducation publique a débuté il y a plus d’une décennie, mais la crise a permis aux deux derniers gouvernements de transformer le droit à l’éducation en un privilège réservé à ceux et celles qui peuvent payer.

Des illusions qui ont été maintenues pendant des décennies se dissolvent également. Une illusion qui s’évapore rapidement est celle qui consistait à croire que voter pour les partis social-démocrates et gouvernementaux est une façon efficace d’au moins protéger notre niveau de vie sous le capitalisme. Un autre mythe qui est en train de disparaître est l’idée selon laquelle l’Union européenne nous protégera des crises économiques, de la misère sociale et des guerres.

Les tâches de la gauche, y compris de DEA, implique autant le champ du «social» que celui du «politique».

La perspective de la construction d’un mouvement de masse combatif ayant la capacité de renverser les politiques dictées par le gouvernement et la troïka implique que nous devons unifier les différentes assemblées de quartier, les comités de lutte, les mouvements sociaux, les actions de travailleurs et les occupations étudiantes en un puissant front social unifié. Nous avons aussi besoin de l’auto-activité des militant·e·s de la base [des syndicats], ce qui comprend la tenue d’assemblées massives, des occupations et des blocages des places de travail qui puissent mettre à bas la passivité des directions syndicales.

Nous devons également nous rappeler que les luttes devant nous sont aussi politiques. Le renversement du nouveau gouvernement doit être l’objectif prioritaire, mais il ne constituera pas une fin. La bataille contre la troïka et ses revendications doit aussi s’opposer à n’importe quel successeur à ce gouvernement qui prendre des mesures antipopulaires et contre les travailleuses et les travailleurs – qu’il se présente sous la forme d’un gouvernement d’unité nationale comme celui que nous avons aujourd’hui ou sous des couleurs de «gauche» .

En parallèle avec la crise économique, nous nous trouvons au centre d’une crise politique. La popularité du PASOK a chuté vers un plancher historique lors des élections du 17 juin. La droite traditionnelle ne fait guère mieux. Les résultats des élections précédentes du 6 mai ont montré un changement réel sur la scène politique telle que nous la connaissions jusqu’à maintenant. Les voix cumulées du PASOK et de la Nouvelle Démocratie atteignaient 37% [ces deux partis cumulaient régulièrement 80% de l’électorat auparavant], la Coalition de la gauche radicale, SYRIZA, a recueilli un inattendu 17%, le KKE [Parti communiste grec] reçu 8,5% des suffrages, 6% pour la Gauche démocratique [Dinmar, l’un des trois partis de la coalition actuellement au pouvoir] et la plus mauvaise nouvelle, le nuage qui a troublé notre joie, l’important 7% remporté par Aube Dorée, le «parti» néo-nazi [il est significatif de noter que près de la moitié des membres des forces de police ont voté pour cette organisation…].

Les importantes luttes qui se déroulèrent au cours des deux dernières années et demie, la radicalisation de milliers de personnes et la désaffection envers les deux grands partis, auxquels une grande masse de gens étaient accrochés, causée par les déceptions qu’ils produisirent conduisit à cet important résultat de la gauche. Un deuxième tour, le 17 juin, était nécessaire dans la mesure où ces résultats ne permettaient pas la formation d’un gouvernement. Dans l’intervalle d’un peu plus d’un mois, une gigantesque campagne de terreur fut lancée par les médias dominants et les partis de la classe dominante contre SYRIZA. L’argument principal dans cette campagne était qu’un succès de SYRIZA conduirait à l’expulsion de la Grèce de la zone euro dans la mesure où la coalition n’obéirait pas aux exigences des centres politico-économiques européens. Cela conduirait alors à une gigantesque banqueroute faisant qu’il n’y aurait plus d’argent pour les salaires et les pensions de retraite, aboutissant à un effondrement du système public de soins. En d’autres termes, la Grèce deviendrait le «Cuba de la Méditerranée». Malgré cette grande campagne de terrorisation, 27% des électeurs votèrent pour la gauche radicale, à seulement 2 points de moins que la Nouvelle Démocratie. Le PASOK maintint ses 13%, Dinmar et les néo-nazis conservèrent leurs résultats alors que le KKE atteignait un plancher historique avec 4,5% des voix. Cela est regrettable. Le Parti communiste a payé pour son option de campagne qui consistait, sous le slogan «ne croyez pas SYRIZA», à faire de la Coalition l’adversaire principal.

Il convient encore de noter que le score d’ANTARSYA, une alliance de différentes petites organisations anticapitalistes, fut très faible: 1,3% le 6 mai et 0,3% le 17 juin, malgré les importantes luttes, les mouvements et les manifestations de masse. Il a été fait la démonstration de la faiblesse de leur politique sectaire à l’encontre de SYRIZA – non seulement sur la scène politique mais aussi sur les places de travail et dans les universités – et beaucoup de gens ont compris la nécessité de l’unité et d’un gouvernement de gauche, une direction progressiste dans laquelle SYRIZA a pris le risque de s’engager.

Sur le plan des résistances sociales, les diverses forces de la gauche sont constituées des gens qui tentent d’organiser la lutte. A la suite du mouvement des parcs, les activistes de la gauche ont joué un rôle moteur dans l’extension de ce mouvement en direction des quartiers. Après plusieurs mois, ces assemblées populaires locales fonctionnent en de nombreux endroits. La gauche fait bien sûr face à de nombreux défis. La direction du Parti communiste a décidé de maintenir son organisation isolée de toute initiative d’action commune et du reste du mouvement de la classe laborieuse.

La tâche importante de la période pour DEA est de construire un front unifié de la gauche sur les plans politique et social. Un programme commun en faveur de la classe laborieuse – comprenant l’annulation de la dette, la nationalisation du secteur bancaire sous contrôle de la population et des travailleurs, une forte imposition des capitalistes et un rappel des mesures d’austérités – permet d’envisager la constitution d’une opposition aux chantages de la zone euro. Nous sommes convaincus qu’un programme commun en faveur de la classe laborieuse peut réunir ensemble le Parti communiste, SYRIZA – qui réunit le parti réformiste de gauche Synaspismos et diverses organisations révolutionnaires, dont DEA – et ANTARSYA. Ces forces pourraient s’organiser ensemble dans les usines, les unviersités, les écoles et les quartiers, fournissant un masse critique d’activistes engagés qui pourraient entraîner des couches plus larges de travailleurs et d’étudiant·e·s dans la lutte. Un tel front unifié fournirait une alternative politique aux masses de travailleurs luttant contre le gouvernement et il permettrait d’entamer la discussion au sujet de la seule véritable réponse à la crise du système: le socialisme.

Actuellement en Grèce, une chose est évidente: deux pôles se font face. Il y a, d’un côté, la classe dominante et ses partis ainsi que l’Aube Dorée nazie qui est le «bras long» du système et disposé à attaquer les luttes des travailleurs lorsque leurs chefs lui dira de le faire. L’autre pôle est composé des personnes qui sont victimes de ces politiques, qui se battent pour leurs vies et qui commencent à «regarder» vers la gauche. C’est ce dont témoigne les résultats de SYRIZA qui a obtenu les plus importants suffrages parmi les travailleurs à bas salaires, les chômeurs, les jeunes et dans les quartiers populaires.

Nous faisons donc face à d’importantes responsabilités. Si la gauche déçoit les gens qui ont placé leur confiance et qui ont voté pour un changement radical de leurs vies, le résultat sera alors terrible pour nous tous. Tout d’abord ceux qui se tourneront vers l’autre alternative «radicale» qui existe aujourd’hui en Grèce: Aube Dorée. Ensuite pour la gauche qui devra affronter les conséquences dramatiques d’une telle évolution.

A notre avis, SYRIZA doit conserver son orientation radicale et rester fidèle aux besoins des gens. La Coalition ne doit pas chercher des solutions qui peuvent satisfaire autant la classe laborieuse que les capitalistes. Il est impossible dans ces conditions de crise économique d’engager des négociations car les capitalistes veulent tout. Ils ne sont pas disposés à nous rendre quoique ce soit.

Les travailleurs font déjà face au Portugal, en Espagne, en Italie et récemment en France aux mêmes problèmes et questions. Les peuples d’Europe ne sont pas seuls. Ils sont nos alliés dans la lutte pour imposer d’autres politiques qui n’auront plus comme priorité le profit et les groupes financiers mais l’être humain et ses besoins. Il est temps de se dresser pour nos droits au travail, à l’éducation, aux soins, à la sécurité sociale et à la justice. Nous disons à SYRIZA, et c’était notre principal slogan lors de la campagne électorale, cela sera «soit eux, soit nous».

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