Hal Draper

Le socialisme en débat (II)

«Qu’est-ce que le socialisme-à-partir-d’en-bas ?» 

L’apport de Marx

Par Hal Draper

Nous poursuivons la publication de l’étude de Hal Draper «Qu’est-ce que le socialisme-à-partir-d’en-bas?» (voire la première partie sur ce blog en date du 10 octobre).  Comme déjà indiqué, cette étude publiée dans sa version finale en 1966 porte aussi le titre: «Les deux âmes du socialisme»

L’utopisme était élitiste et antidémocratique parce que, intrinsèquement, il était utopique; c’est-à-dire parce qu’il envisageait des normes à partir d’un modèle préfabriqué, parce qu’il établissait un plan rêvé dont l’existence devait être imposée. Avant tout, il était, en tant que tel, hostile à toute idée de transformation de la société provenant d’une intervention dérangeante des masses laborieuses à la recherche de leur libération. Et cela même dans le cas de figure où l’utopisme acceptait le recours à cet «instrument» du mouvement de masse afin de faire pression sur les sommets. Dans le mouvement socialiste tel qu’il s’est développé avant Marx, jamais l’orientation de l’idée socialiste ne recoupait celle de la démocratie à partir d’en bas.

Cette intersection, cette synthèse, fut la plus grande contribution de Marx. En comparaison, l’entièreté du contenu de son Capital passe au second rang. Ce recoupement se trouve au coeur du marxisme: «Cela est la loi, tout le reste n’est que commentaire.» Le Manifeste communiste de 1848 marque les premiers pas de l’autoconscience du mouvement (selon les termes d’Engels) «dont la conception était, depuis le tout début, que l’émancipation de la classe ouvrière doit être mise en oeuvre par la classe ouvrière elle-même».

Le jeune Marx a eu un parcours intellectuel qui s’est ébauché depuis les étapes les plus élémentaires, au même titre où embryon humain passe par le stade branchial. Ou, pour le présenter différemment, il a été vacciné, pour la première fois, lorsqu’il a attrapé le microbe le plus répandu, à savoir l’illusion en un despote illuminé. Lorsqu’il était âgé de 22 ans, le vieil empereur est mort, et Frédéric Guillaume IV a accédé au trône1 au milieu des hosannas [de l’hébreu «sauve-nous de grâce», acclamations dans une procession religieuse] lancés par les libéraux et des attentes de réformes démocratiques venant d’en haut. Aucune de ces expectatives ne s’est concrétisée. Dès lors, plus jamais Marx n’est retombé dans cette conception, qui a embrouillé tout le socialisme à partir de ses espoirs placés dans des dictateurs-sauveurs ou des présidents-rédempteurs.

Marx est entré en politique comme l’éditeur de combat d’un journal qui était l’organe de l’extrême gauche du courant démocrate-libéral de la Rhénanie industrialisée [éditeur en 1842 de la Rheinische Zeitung]. Et rapidement, ce journal s’est transformé en l’expression écrite de la totalité du courant démocratique radical de l’Allemagne. Le premier article qu’il publia était une polémique en faveur d’une liberté de presse illimitée face à toute censure de l’Etat.

Lorsque le gouvernement impérial le fit révoquer [du poste de rédacteur], il se tourna vers les nouvelles idées socialistes venant de France. Dès lors, ce héraut reconnu de la démocratie libérale devint socialiste; il continua à se faire le champion de la démocratie. Mais, pour lui, la démocratie avait acquis un sens plus profond. Marx était le premier penseur et dirigeant socialiste qui adhéra au socialisme au travers d’un combat pour la démocratie libérale.

Dans les Manuscrits de 18442, il rejette le «communisme vulgaire existant» qui nie la personnalité de l’être humain. Il était à la recherche d’un communisme qui serait un «humanisme complètement développé». En 1845, lui et son ami Engels ont développé une argumentation contre l’élitisme d’un courant socialiste représenté par quelqu’un comme Bruno Bauer3. En 1846, ils commencent à organiser les «communistes démocratiques» allemands en exil à Bruxelles. Engels écriait alors: «Dans notre époque, démocratie et communisme ne font qu’un. […] Seuls les prolétaires sont capables de réellement fraterniser sous le drapeau de la démocratie communiste.»

En élaborant le premier point de vue qui unit la nouvelle idée communiste avec les nouvelles aspirations démocratiques, Engels et Marx sont entrés en conflit avec les sectes communistes existantes, comme celle de Weitling4, qui rêvait à une dictature messianique. Avant de s’unir au groupe qui se transformera en Ligue communiste – pour laquelle ils écriront le Manifeste communiste – ils ont stipulé qu’il fallait que l’organisation passe d’une élite conspirative d’un ancien style à un groupe ouvert de propagande et que tout «ce qui pouvait conduire à un autoritarisme superstitieux soit éliminé des statuts». De plus, le comité dirigeant devait être élu par l’ensemble des membres, cela contre la tradition des décisions depuis le haut. Ils ont gagné la Ligue à cette approche et, dans un journal en 1847, peu de mois avant la parution du Manifeste communiste, le groupe déclarait: «Nous ne faisons pas partie de ces communistes qui aspirent à détruire la liberté personnelle, qui désirent transformer le monde en une énorme caserne ou en une vaste maison de correction. Il y a certainement des communistes qui, avec la conscience légère, refusent d’admettre la liberté personnelle et voudraient la faire disparaître du monde, car ils considèrent qu’elle constitue un obstacle à une harmonie complète. Mais nous ne désirons en aucune mesure échanger la liberté contre l’égalité. Nous sommes convaincus… que dans aucun ordre social la liberté personnelle ne sera plus assurée que dans une société fondée sur la propriété commune… [Commençons] à nous mettre au travail afin de participer à l’établissement d’un Etat démocratique dans lequel chaque partie pourra par la parole ou l’écrit gagner une majorité à ses idées.»

Le Manifeste communiste, qui est le fruit de ces discussions, proclama que le premier objectif d’une révolution consistait à «gagner la bataille de la démocratie». Lorsque, deux ans plus tard, et après le déclin des révolutions de 1848, la Ligue communiste scissionna, ce fut une fois de plus à partir d’un conflit avec le putchisme du «communisme vulgaire», qui désirait substituer au mouvement de masse réel d’une classe ouvrière éduquée et consciente des groupes de révolutionnaires déterminés. Marx leur dit: «La minorité fait de la simple volonté la force motrice de la révolution en lieu et place des relations de force réelles. Tandis que nous disons aux travailleurs: «Vous devrez traverser 15, 20 ou 50 ans de guerre civile [les auteurs de trouvent dans un contexte européen d’affrontements et de guerres civiles – réd.] ou de guerre internationale [quelque 50 ans plus tard éclatera la Première Guerre mondiale avec les crises de 1917 à 1920 – réd.] non seulement afin de changer les conditions existantes, mais aussi pour vous changer vous-mêmes afin d’être aptes à une hégémonie [domination] politique», vous, sur l’autre versant, vous dites aux travailleurs: «Nous devons obtenir le pouvoir d’un coup, de suite, autrement nous devons aller nous coucher.»

«Afin de vous changer vous-mêmes afin d’être aptes à une hégémonie [domination] politique»: voilà le programme de Marx pour le mouvement de la classe travailleuse et cela aussi bien contre ceux qui disent chaque dimanche que les travailleurs peuvent prendre le pouvoir que contre ceux qui affirment qu’ils ne le pourront jamais. Le marxisme est donc né dans un combat devenu conscient contre les avocats des dictatures éducatives, des dictateurs-sauveurs, des élites révolutionnaires, des communistes autoritaires que contre des bienfaiteurs philanthropiques [ce protestantisme caritativiste qui a marqué si fortement la gauche helvétique – réd.] et des bourgeois libéraux. Cela était le marxisme de Marx et non pas cette monstruosité caricaturale qui est labellisée à la fois par l’establishment académique – qui frémit face à l’esprit inébranlable d’opposition révolutionnaire de Marx au statu quo capitaliste – et par les staliniens et néo-staliniens qui doivent cacher que Marx avait déclaré une guerre à leur modèle. «Ce fut Marx qui a lié ensemble les deux idées de socialisme et de démocratie»5, parce qu’il a développé une théorie qui a rendu possible cette synthèse pour la première fois. Le «noyau dur» de cette théorie réside dans la proposition suivante: il existe une majorité sociale qui a un intérêt et un mobile afin de changer le système; et l’objectif du socialisme peut être l’éducation et la mobilisation de cette masse majoritaire. Elle est constituée de la classe des exploités, de la classe laborieuse, d’où provient, en fin de compte, la force motrice d’une révolution. De là un socialisme à partir d’en bas est possible, sur la base d’une théorie qui envisage les potentialités révolutionnaires d’amples majorités, même si elles apparaissent attardées, à certains moments et dans certaines régions. Le Capital, après tout, n’est rien d’autre que la démonstration des fondements économiques de cette proposition.

Ce n’est qu’une telle théorie d’un socialisme de la majorité salariée qui rend possible la fusion d’un socialisme révolutionnaire et d’une démocratie révolutionnaire. Nous ne voulons pas ici argumenter en quoi notre conviction de ce que nous croyons est justifiée. Nous insistons seulement, ici, sur l’alternative. Tous les socialistes ou les prétendus réformistes qui rejettent cette approche doivent se ranger dans le camp du socialisme à partir d’en haut, que ce soit sous les variantes réformistes, utopiques, bureaucratiques, stalinistes, maoïstes ou castristes.

Cinq ans avant le Manifeste communiste, un récent converti au socialisme, âgé de 23 ans, écrivait dans la vieille tradition élitiste: «Nous pouvons recruter dans nos rangs dans ces classes [sociales] qui ont joui d’une assez bonne éducation, c’est-à-dire dans les universités et parmi les couches de commerçants…» Le jeune Engels [car c’était lui] a appris, par la suite, bien mieux. Mais cette sagesse obsolète continue à nous accompagner plus que jamais.

Le mythe de l’anarchisme libertaire

L’un des autoritaires les plus convaincus dans l’histoire du radicalisme [au sens de la gauche] n’est autre que «le père de l’anarchisme», Proudhon [1809-1865] dont le nom est, périodiquement, remis à l’ordre du jour comme un modèle «libertarien», à cause de sa répétition laborieuse du vocable «liberté» et parce qu’il invoquait la «révolution à partir d’en bas».

Certains pourraient être prêts à passer par-dessus son antisémitisme de type hitlérien («Le juif est l’ennemi de l’humanité. Il est nécessaire de renvoyer cette race en Asie ou de l’exterminer…»). Ou même d’omettre son racisme plus général (il pensait qu’il était correct que le sud des Etats-Unis maintienne les Noirs américains dans une situation d’esclavage dans la mesure où ces derniers se trouvaient à l’échelle le plus bas des races inférieures). Ou encore de se désintéresser de son exaltation de la guerre en tant que telle (sous une forme très similaire à Mussolini). Ou encore d’oublier sa perception selon laquelle la femme n’avait aucun droit («Je lui dénie tout droit politique et toute véritable capacité d’initiative. Pour la femme, la liberté et le bien-être ne résident que dans le mariage, la maternité, et les devoirs ménagers.»). Cela revient à la formule «Kinder-Kirche-Küche» des nazis. Il n’est pas possible de dissimuler son opposition violente non seulement aux syndicalistes, mais, y compris, au droit de grève (il a même soutenu des actions de police brisant des grèves) et à toute et à chaque idée ayant trait au droit de vote, au suffrage universel, à la souveraineté populaire ainsi qu’à l’idée en soi de Constitutions («Toute cette démocratie me dégoûte. Que ne donnerais-je pas pour voler dans les plumes, avec mon poing serré, de cette populace.»).

Pierre-Joseph Proudhon

Ses écrits pour une société idéale intègrent spécialement la suppression de tout autre groupe [politique], de toute réunion de plus de 20 personnes, de toute presse libre et de toute élection. Dans les mêmes écrits, il envisage une «inquisition générale» et la condamnation de «plusieurs millions de personnes» aux travaux forcés, «une fois la révolution faite». En arrière-fond de ses vues, il y avait un mépris virulent pour les masses populaires, ce qui constitue le fondement nécessaire d’une conception du socialisme venant d’en haut, cela en contraste total avec le marxisme qui s’ancre dans une vision opposée. Les masses sont corrompues et bonnes à rien («J’adore l’humanité, mais je crache sur les êtres humains!»). Les hommes ne sont «que des sauvages que nous devons civiliser et cela sans en faire nos souverains», écrit-il à un ami qu’il reprend avec dédain: «Vous croyez toujours dans le peuple.» Le progrès, pour lui, ne peut être atteint que par la maîtrise que s’arroge une élite qui prend soin de n’accorder au peuple aucune souveraineté. A certains moments, il fut à la recherche de quelque dirigeant despotique comme pouvant être le dictateur unique qui pourrait amener la révolution: Louis Bonaparte (il écrivit un livre entier, en 1852, portant aux nues l’empereur, Napoléon III, comme le vecteur de la Révolution), puis le prince Jérôme Bonaparte et finalement le tsar Alexandre II [empereur de Russie dès 1855] à propos duquel il écrivit: «N’oubliez pas que le despotisme du tsar est nécessaire à la civilisation.»

Il y avait un candidat pour le travail de dictateur qui était évidemment plus proche de son domicile: lui-même. Il a élaboré un schéma détaillé pour un système économique mutualiste, à la forme coopérative, qui pourrait se diffuser afin d’intégrer tous les secteurs économiques et, de là, l’Etat. Dans ses écrits, Proudhon se donna le poste de gérant en chef (PDG), qui, naturellement, n’était pas soumis à un contrôle démocratique, qu’il méprisait tant. Il avait pris soin, à l’avance, d’en dessiner tous les détails: «Etablissement d’un programme secret pour tous les gérants. Elimination irrévocable de la royauté, de la démocratie, des propriétaires,etc.» «Les gérants sont les représentants naturels du pays. Les ministres ne sont que des dirigeants supérieurs ou des directeurs généraux: comme ce sera le cas un jour… Lorsque nous serons les maîtres, la religion sera ce que nous voulons qu’elle soit; il en ira de même pour l’éducation, la philosophie, la justice, l’administration et le gouvernement.»

Le lecteur qui serait plein d’illusions sur l’anarchisme «libertarien» pourrait poser la question: y avait-il quelque chose qui ne soit pas sincère à propos de son grand amour pour la liberté?

Pas du tout: il est seulement nécessaire de saisir ce que la «liberté» anarchiste signifie. Proudhon a écrit: «Le principe de liberté est celui à l’oeuvre dans l’abbaye de Thélème [par référence à Rabelais]: faites ce que vous voulez.» Et ce principe signifie: «Toute personne qui ne peut pas faire ce qu’elle veut et rien de ce qu’elle veut a le droit à la révolte même seule contre le gouvernement, même si le gouvernement était formé par tous les autres.» Le seul homme qui dispose de ce genre de liberté est le despote. Cela représente la brillante intuition de Dostoïesvski exposée de la sorte par Shigalev [le plan pour le «bonheur universel» et la «ville future» de Shigalev est présenté dans Les Démons en 1871]: «En commençant par la liberté illimitée, j’arrive au despotisme illimité.»

Bakounine

L’histoire est similaire pour ce qui a trait au deuxième «père de l’anarchisme» Bakounine [1814-1876] dont les canevas pour la dictature et la suppression du contrôle démocratique sont mieux connus que ceux de Proudhon.

La raison de fond de cette similarité est la même: l’anarchisme n’est pas concerné par la création d’un contrôle démocratique venant d’en bas, mais seulement par la destruction de «l’autorité» sur l’individu, y compris l’autorité de la régulation la plus démocratique de la société qu’il soit possible d’imaginer. Cela a été exposé de manière très claire par les porte-parole les plus reconnus de l’anarchisme. Par exemple, George Woodcock6: «Même si la démocratie était possible, l’anarchiste ne la soutiendrait pas… Les anarchistes ne proposent pas la liberté politique. Ce qu’ils proposent, c’est la liberté par rapport à la politique…» L’anarchisme est, par principe, foncièrement antidémocratique, dans la mesure où une autorité même idéalement démocratique reste toujours une autorité. Mais, dans la mesure où, rejetant la démocratie, il ne dispose d’autre moyen de résoudre les désaccords et les différences inévitables parmi les habitants de Thélème, la liberté sans limites pour chaque individu non contrôlé est impossible à distinguer du despotisme sans limite exercé par un tel individu.» Dès lors, la liberté illimitée pour chaque individu hors de tout contrôle devient impossible à distinguer d’un despotisme sans limite exercé par ce type d’individu, cela aussi bien en théorie qu’en pratique.

Le grand problème de notre époque réside dans l’achèvement d’un contrôle démocratique à partir d’en bas sur le vaste pouvoir de l’autorité sociale moderne. L’anarchisme, qui est plus généreux que tout autre en termes de verbiage sur «quelque chose venant d’en bas», rejette cet objectif. C’est l’autre face de la médaille du despotisme bureaucratique, avec ses valeurs inversées. Mais ce n’est ni une solution ni une alternative à ce despotisme. (A suivre)

Notes

1. Il devient roi en 1840, doit céder devant l’insurrection populaire en 1848 et se voit offrir en mars 1849 par le Parlement de Francfort la couronne impériale qu’il refuse, après un échec de constitution d’un empire il s’engagera dans une voie très autoritaire et réactionnaire. Réd.

2. Textes rédigés par Marx en 1844, publiés sous le nom de Manuscrits de 1844. Le sous-titre donné par Emile Bottigelli, «Economie politique et philosophie» traduit les diverses facettes de ces textes. Editions sociales, 1962, pour la version française. Réd.

3. Voir l’ouvrage de Marx intitulé La sainte famille, ou critique de la critique critique, contre Bruno Bauer et consorts. Ce texte est avant tout une úuvre polémique. Publication en français: Editions sociales, 1969. Réd.

4. En janvier 1846, Wilhelm Weitling arrive à Bruxelles à partir de Londres. Sur la genèse et sur la Ligue des communistes, voir La Ligue des communistes – Documents constitutifs rassemblés par Bert Andreas, Aubier-Montaigne 1972. Réd.

5. Cette citation vient de l’autobiographie de H. G. Wells, l’inventeur des utopies les plus sombres du socialisme à partir d’en haut dans toute la littérature; Wells, dans ce passage, dénonce Marx pour cette fusion historique. H.D.

6. Ecrivain anarchiste né au Canada en 1912, décédé en 1995. Il fut partie prenante du mouvement anarchiste lors de la révolution espagnole en 1936-37. Son ouvrage L’anarchisme fut publié en 1962.

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