Conférences-débats/Extrême droite/Grèce/Racisme et xénophobie

Que révèlent les mesures judiciaires prises contre les néonazis d’Aube dorée?

Conférences-débat:

Les néonazis d’Aube dorée: quelle cible vise le gouvernement grec?

Que révèlent les mesures judiciaires prises contre Aube dorée?

Que révèlent-elles aussi sur le gouvernement Samaras?

Orateur:

Panagiotis Petrou

Journaliste, membre du mouvement KAR (Expulsez le racisme)
et de la Plateforme de gauche de SYRIZA

Lausanne: mardi 12 novembre, 20h, buffet de la Gare, Grand Salon, 2e étage

Organisé par: site alencontre, Cercle La brèche, MPS

Genève: mercredi 13 novembre, 20h, Maison des associations, Salle Zazie Sadou, rue des Savoises 15

Organisé par: Action antifasciste grecque, MPS, site alencontre, Cercle La brèche, GA

(autres soutiens doivent être confirmés)

Le leader d'Aube Dorée (Chrysi Avghi), Nikolaos Michaloliakos, figure parmi les membres du mouvement arrêtés suite à l’assassinat du chanteur de Hip-hop et activiste antifasciste Pavlos Fyssas, le soir du 17 septembre 2013.

Le leader d’Aube Dorée (Chrysi Avghi), Nikolaos Michaloliakos, a été arrêté au même titre que d’autres membres influents du mouvement néonazi suite à l’assassinat de Pavlos Fyssas, chanteur de Hip-hop et activiste antifasciste, le soir du 17 septembre 2013.

L’assassinat du chanteur de rap Pavlos Fyssas – une figure connue de la dénonciation des néonazis et du racisme – dans la nuit du 17 au 18 septembre 2013 par un membre salarié des néonazis d’Aube dorée, Giorgos Roupakias, a suscité une mobilisation antifasciste et antiraciste de larges secteurs de la population, y compris des migrant·e·s soumis aux exactions quotidiennes des néonazis et de la police.

Dans ce contexte, le gouvernement d’Antonis Samaras a pris un certain nombre de mesures légales et judiciaires contre Aube dorée: arrestation de dirigeants, certains remis en liberté de suite, d’autres emprisonnés jusqu’à leur procès, fermeture de locaux, etc.

Le tournant le plus remarquable a été celui des grands médias. D’un coup, ce qui avait déjà été dénoncé suite à des enquêtes sérieuses par des publications «marginales» a fait le sujet des unes. Les liens entre Aube dorée et la police étaient «révélés». L’entraînement militaire donné à des membres d’Aube dorée par des membres de l’armée était exposé, photos à l’appui. Les connivences avec l’appareil judiciaire étaient mises en lumière. Le financement des néonazis par des armateurs, entre autres, était souligné. L’appui de certains hiérarques de l’Eglise orthodoxe était illuminé. Et, surtout, les liaisons étroites entre l’aile la plus à droite de la Nouvelle Démocratie et Aube dorée firent l’objet de nombreux articles. Un fait, évident pour beaucoup, ressort: Antonis Samaras fait partie de la droite extrême de la Nouvelle Démocratie et parmi ses conseillers nombreux étaient ceux qui avaient des rapports politiques avec Aube dorée. D’ailleurs, A. Samaras, dans le passé, avait rompu avec la Nouvelle Démocratie et créé un parti qui avait établi des liens avec le Front national de Jean-Marie Le Pen. Le gouverneur de la région de Thessalonique, Apostolos Tzitzikostas, membre de la Nouvelle Démocratie, n’a-t-il pas encore, le 28 octobre, appelé les parlementaires d’Aube dorée – parti accusé d’être une organisation criminelle selon les art. 187 et 187e de la Constitution – à participer à la parade militaire de la fête nationale à Thessalonique.

Les mesures prises contre des dirigeants d’Aube dorée ne sont pas seulement le fait de diverses «pressions» venues de l’Union européenne, comme des articles de presse mettent en relief. Face à la crise sociale extrême – quelque 60% des jeunes entre 15 et 24 ans sont au chômage officiellement – et à la destruction planifiée de secteurs publics tels que le système hospitalier ou d’ éducation, les réactions sociales, en septembre, prenaient une nouvelle dimension. Pour des fractions des classes dominantes, la droitisation extrême du gouvernement de Samaras comportait des risques sociaux et politiques. Cela d’autant plus que sa politique économique, sous la tutelle de la Troïka (BCE, UE, FMI), inflige une récession dramatique dont les effets sont comparables à ceux d’une guerre. Dès lors, la division au sein des cercles dirigeants existait et existe. Certains jugeaient une jonction politique avec Aube dorée pour consolider une majorité de droite extrême, face à la gauche, comme actuellement inadéquate. Ils ont donc poussé à ce que des «limites» à Aube dorée soient mises en place, combinées avec des mesures de répression contre les opposants actifs à l’austérité ou ceux qui contestent l’ouverture de mines d’or en Chalcidique. D’autres envisagent même un gouvernement de coalition avec la majorité présidentielle (Alexis Tsipras) de SYRIZA.

Divers scénarios sont envisageables sur l’ avenir politique d’Aube dorée. Cette dernière est loin d’avoir perdu sa base effective et ses relations avec l’appareil d’Etat. Une chose est certaine: le gouvernement Samaras ne veut pas «écraser» Aube dorée. Dans un tel contexte de crise, cette force reste, pour le moins, une réserve utile et utilisable. Et dans les sondages politiques, actuellement, Aube dorée reste en troisième position.

Le «désarmement» social et politique de cette force néonazie passe par une mobilisation conjointe contre les mesures d’austérité, la politique anti-immigré·e·s, pour la reconquête de quartiers populaires sous l’influence d’Aube dorée et pour le renversement du gouvernement Samaras. Il y a ici des thèmes que développe le mouvement «Expulsez le racisme». 

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