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Bourses et taxes d’études: la gratuité est un choix politique

Lausanne bourses 8

Manifestation contre la réforme de la Loi sur l’aide aux études et à la formation professionnelle du Canton de Vaud, Lausanne, 18 décembre 2013.

Quelque centaines d’étudiant-e-s provenant de Lausanne, Fribourg, Genève et Neuchâtel ont participé à la manifestation contre la révision de la Loi sur l’aide aux études et à la formation professionnelle (LAEF) du Canton de Vaud qui a eu lieu le 18 décembre 2013 à Lausanne. La manifestation a été organisée par un Comité unitaire de mobilisation comprenant plus d’une vingtaine d’organisations étudiantes, syndicales , associatives et politiques dont le Cercle La brèche (voir article du 4 décembre sur ce blog). Nous publions ci-dessous le texte du tract distribué par le Cercle la brèche lors de cette manifestation. À la fin de cet article vous pouvez trouver un reportage photographique et un video de la manifestation. (Clb)

Le document en PDF

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Nous nous mobilisons aujourd’hui contre la révision de la Loi sur l’aide aux études et à la formation professionnelle (LAEF) du Canton de Vaud. Cette loi vise à restreindre l’octroi des bourses d’études et d’apprentissage de certaines catégories de personnes : les étudiant·e·s disposant d’un permis F et N n’auront plus le droit à une bourse au même titre que 200 boursiers indépendant·e·s. De plus, dans le calcul des coûts d’entretien, les forfaits des repas consommés à l’extérieur passent de 11.– à 7.– frs. Enfin, le changement de la base de calcul de la capacité financière des boursiers et de leurs ménages, combiné avec une redéfinition des barèmes, pourra engendrer une exclusion supplémentaire d’autres catégories de personnes.

Une attaque antisociale qui s’inscrit dans une politique d’ensemble

Le projet du gouvernement vaudois est l’un des éléments d’une « contre-révolution silencieuse » qui traverse le domaine de l’éducation et de la formation professionnelle en Suisse. Dans les hautes écoles, cette « contre-révolution silencieuse » a comme point de départ la ratification par la Suisse de l’Accord de Bologne en 1999 et l’acceptation de la Stratégie de Lisbonne de l’Union européenne (UE) qui promeut une prétendue « économie du savoir » en matière d’éducation et de formation. Le but visé consiste à créer « l’économie de la connaissance la plus dynamique et compétitive du monde ». De quelle manière ? En créant un marché du travail européen composé d’une « main-d’œuvre flexible et hautement qualifiée. » Ces dispositions impliquent le financement des hautes écoles selon les critères de la concurrence ; la promotion de l’entrepreneurship universitaire au sein des Haute écoles à travers le développement de « l’esprit d’entreprise » ; le développement d’un partenariat public-privé en matière de recherche et d’enseignement ; ainsi que la mise en place d’équipes de chercheurs à même de récolter des fonds extérieurs pour financer leurs projets de recherche. En parallèle, les quelques instruments démocratiques qui existent sont affaiblis au sein des Hautes écoles par la concentration et le renforcement du pouvoir dans les mains des organes exécutifs (rectorat, direction, etc.), au détriment des organes collégiaux (assemblée, sénat, etc.), mais aussi par l’individualisation des études, qui se fondent désormais sur les mythes d’une éducation de qualité conçue comme un investissement en « capital humain » (investissement tout au long de la vie censé assurer une meilleure rémunération future). Une sélectivité plus importante par des critères d’octroi des bourses d’études plus sévères ainsi que la hausse des frais de scolarité (c’est une réalité déjà dans les universités de St.-Gall, Bâle et Zürich, dans certaines HES romandes, sans mentionner les tentatives en cours dans les deux Écoles Polytechniques fédérales !) participent à cette logique.

Une éducation « de classe »

Ces éléments s’inscrivent dans un contexte où le droit à l’éducation est loin d’être une réalité :

La Suisse dispose d’un système d’éducation supérieure parmi les plus sélectifs des pays de l’OCDE. Pour plus d’un tiers des étudiants des hautes écoles (36 %) au moins l’un des deux parents possède un titre universitaire ; alors que seuls 9 % des parents ne possèdent pas de formation post-obligatoire. Si l’on affine ce chiffre, on compte dans les universités 42 % d’étudiants dont les parents ont suivi des études universitaires, contre seulement 23 % dans les HES.

En dépit de cette sélection en amont, 77 % des étudiant·e·s exercent une activité rémunérée parallèlement aux études pour couvrir environ la moitié des dépenses de la formation. La partie des dépenses couvertes par les parents est plus importante au sein des couches sociales supérieures (63 %) et élevées (54 %) plutôt que basses (45 %). La pénurie de logements sociaux est aussi un problème pour les étudiant·e·s suisses. Avec une moyenne de 600 francs par mois, le loyer absorbe plus de 30 % des dépenses des étudiant·e·s qui ne logent pas chez leurs parents (environ les deux tiers). Si aux frais de logement on ajoute encore les frais pour la nourriture et les communications, cela concerne plus de la moitié des dépenses (55 %). En considérant l’ensemble des dépenses d’un·e étudiant·e (transport, habillement, matériel scolaire, taxes d’études, etc.), on comprend que l’exercice d’une activité rémunérée parallèlement aux études n’est pas un choix, mais une nécessité !

On ne compte que 8 % de boursiers sur environ 600’000 étudiant·e·s du post-obligatoire (nombre qui a augmenté au cours des dernières années). Pourtant, l’évolution du montant global des aides aux études a même baissé de 6 % sur la période 1990-2011. La proportion du PIB consacrée à l’éducation (tous niveaux confondus) a, quant à elle, stagné au cours des dix dernières années (elle est de 5%) et se situe en dessous de la moyenne OCDE (environ 6% !). Au Royaume-Uni, pays connu pour avoir adopté une approche néolibérale en matière de politiques d’éducation, ce pourcentage dépasse 6%.

La gratuité est un choix politique

Dans le contexte actuel de crise économique et sociale à l’échelle internationale, le droit à l’éducation – à savoir le droit de pouvoir disposer librement d’une éducation de qualité et gratuite à tous les niveaux – est remis en question. Cela interroge le rôle et la place de l’éducation dans la société. Or, nous pensons que l’éducation et la formation doivent faire partie des « biens communs » de la société. Cela implique que l’accès à l’éducation et à la formation ne soit pas limité par des barrières économiques et sociales. Nous devons défendre le droit à l’éducation qui est indissociable, d’une part, de la suppression des frais de scolarité et, d’autre part, du développement d’un dispositif social (par exemple les bourses) permettant de répondre aux besoins matériels des étudiant·e·s : logement, repas, transports, matériel scolaire, culture, etc. La prise en compte de ces deux éléments nous amène à poser la gratuité des études non pas sous l’angle d’une absence de prix, mais d’une prise en charge collective des coûts liés à la formation. Une telle prise en charge collective implique la participation des acteurs concernés (les enseignant·e·s, les étudiant·e·s, etc.) au sein des établissements éducatifs. Comme l’ont dit les étudiant·e·s québécois·es lors du printemps érable de 2012 : « La gratuité, c’est payer ensemble ce que l’on possède ensemble. » Dans un pays comme la Suisse, où le contrôle des richesses produites par toutes et tous est plus que jamais l’apanage d’une classe dominante défendant ses intérêts avec force, où les inégalités économiques et sociales croissent, ce sont ces questions fondamentales qui doivent être au centre du débat politique. (Cercle La brèche)

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Une réflexion sur “Bourses et taxes d’études: la gratuité est un choix politique

  1. Salut les amis,

    merci beaucoup pour ce tract!

    Il y a juste un problème avec le titre:

    Est-ce que l’intitulé ne serait pas plutôt: « Bourses et taxes d’études: la gratuité est un choix politique » comme cela est indiqué dans le corps du texte?

    Salutations militantes,

    Daniel

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