Ecologie/France/International

Rémi Fraisse: ils seront nombreux ceux est celles qui ont compris les vrais objectifs de combat contre un pouvoir destructeur.

Vendredi 31 octobre a eu lieu une manifestation devant le Consulat de France à Genève pour dénoncer les violences policiers suite à l’assassinat de Rémi Fraisse, étudiant en science de l’environnement âgé de 21 ans. Le Mouvement pour le socialisme (MPS) a participé à cette action en distribuant un tract que nous reproduisons ci-dessous (CLB).

Le gouvernement français – le président «socialiste» François Hollande, son premier ministre Emmanuel Valls, son ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve – a attendu deux jours pour se prononcer sur la mort, Rémi Fraisse, 21 ans, étudiant en sciences de l’environnement, botaniste. Tué sur le coup par une grenade tirée par la gendarmerie. Ce militant pacifiste s’opposait – en connaissance de cause – à la construction d’une retenue d’eau à Sivens, dans le département du Tarn. Un barrage utile à un maximum de 20 agriculteurs, les autres utilisant d’autres moyens, traditionnels, d’irrigation. Toutefois, le plan d’eau de ce barrage doit occuper 34 hectares!

En comparant les hommages rendus par les mêmes gouvernants au patron de Total, Christophe de Margerie – décédé dans un accident d’avion, suite à une rencontre avec Poutine et ses amis – l’évidence saute aux yeux: 1°«le casseur» de l’environnement, le patron de Total, ami de la famille Saoud comme de Poutine, mérite des couronnes; 2° l’étudiant, Rémi Fraisse, qui agissait en connaissance de cause pour sauvegarder des zones humides, est traité comme un «casseur» , quelqu’un qui ne respecte pas «l’Etat de droit»et la «police»…qui le tue.

Par contre, Hollande, Valls comme Cazeneuve rendent hommage aux «forces de l’ordre» – en fait ici du désordre — et répètent que c’est au pouvoir législatif de décider et pas la rue. Sauf que depuis 10 ans, ce Conseil général du Tarn à avaliser tout le projet sous la pression faite par un lobby qui a des intérêts dans la construction de ce barrage. Ce même Conseil général ne veut que suspendre le projet aujourd’hui, suite à la mobilisation qui s’élargit. On le comprend!

La «rue» pou le «législatif» combinard ?

Le principal instigateur du barrage de Sivens, est le «socialiste» Thierry Carcenac. Il est président du conseil général du Tarn et sénateur. Il a osé affirmer suite à la meurtre «volontaire sans intention de donner la mort» {formule juridique adoptée 4 jours après ce drame) : « Mourir pour des idées, c’est une chose, mais c’est quand même relativement stupide et bête.» Et mettant le monde à l’envers, il a dénoncé le «déchaînement» des manifestants. Toute décence la plus élémentaire est passée au rouleau compresseur des intérêts financiers et de pouvoir d’un tel «élu».Or, deux experts du ministère de l’environnement ont démontré qu’un tel barrage était inutile, que la procédure de décision était biaisée.

Revenons à la question des zones humides. Il faut en comprendre l’enjeu. Sandrine Bélier, écologiste, en explique la fonction: «Une zone humide ce sont des marais, des tourbières et des prairies humides. En fait c’est un milieu naturel qui a la particularité d’être aquatique. Du coup, on y trouve une biodiversité à la fois particulière et riche. C’est le cas au Testet (région qui va être inondée par le barrage de Sivens) où 94 espèces protégées ont été recensées. Les zones humides ne sont pas seulement importantes en termes de biodiversité. Si elles font l’objet d’un effort de protection au niveau national, européen et international, c’est qu’elles ont un rôle économique et social tout aussi important. Elles participent à la régulation des ressources en eau et ont un très fort pouvoir d’épuration naturelle de l’eau. Elles filtrent les polluants et agissent comme une station d’épuration naturelle de l’eau potable. On est là dans les services dits «écosystémiques» rendus gratuitement par la nature et pointés lors du Grenelle de l’environnement. Comme c’est un milieu de rétention d’eau, elles jouent aussi un rôle dans la prévention des crues. Elles participent aussi à la captation de CO2 et donc à la lutte contre le dérèglement climatique. Au Testet, les 18,8 hectares de zones humides (dont 68% sur l’emprise du futur barrage) sont à proximité avec la forêt.»

C’est aussi pour cela et contre le système de décision que se battait et se battront les militants écologistes, dont de nombreux membre du Nouveau Parti Anticapitaliste.

La colère citoyenne

Enfin, comme le souligne l’avocat William Bourdon, auteur du Petit manuel de désobéissance civile (Ed. J.-C. Lattès, 2014) : «Il y a une cécité structurelle de ceux qui sont en charge d’incarner l’intérêt général aujourd’hui avec un personnel politique de plus en plus schizophrène rendu sourd et muet par ses logiques claniques déconnectées du réel. Certes, il y a un principe de réalité économique très tyrannique, mais raison de plus pour faire preuve de courage politique, prendre des risques, condition encore possible pour jeter les passerelles avec une colère citoyenne qui peut encore être entendue, ce qui évitera de la jeter dans les bras de populisme [d’extrême-droite] qui les attendent au coin du bois.»

L’hommage à rendre à Rémi Fraisse et la solidarité avec ceux et celles qui continuent sa lutte, plus nombreux doit s’exprimer partout. Ici, à Genève, de même. (MPS, 31 octobre 2014)

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