Conférences-débats/Education et formation/Lausanne

Conférence-débat. Pourquoi défendre les libertés démocratiques, académiques et d’expression?

Conférence-débat

avec 

Alain Bihr

Professeur honoraire de sociologie de l'Université de Franche-Comté (Besançon), membre d'Alternative Libertaire et co-directeur du Dictionnaire des inégalités (Armand Collin, 2014) avec Roland Pfefferkorn.

Professeur honoraire de sociologie de l’Université de Franche-Comté (Besançon), membre d’Alternative Libertaire, co-directeur du Dictionnaire des inégalités (Armand Collin, 2014)

Mardi 18 novembre – 17h15 – Université de Lausanne – Géopolis –  salle 2224

*

Que sont des libertés publiques?

Comment et pourquoi sont-elles apparues?

Quelles sont leur apport à la recherche?

Pourquoi sont-elles menacées?

Pourquoi faut-il être toujours vigilants pour empêcher qu’elles soient limitées et en user?

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Le 1er septembre 2014, la direction de l’Unil émettait sa directive 5.4 intitulée «Affichage et activités promotionnelles sur le campus universitaire.» Ce texte soumettait à «autorisation préalable» «la distribution de documents en lien avec des idées politiques ou religieuses, la récolte de signatures ou de fonds» ainsi que «la distribution de produits éditoriaux et de publications journalistiques.» En d’autres termes: l’administration universitaire disposait d’un pouvoir arbitraire sur ce qui peut être dit et ce qui ne le peut pas dans l’enceinte de l’Unil.

Cette directive, pourtant présentée comme non négociable, a été rapidement retirée après que des associations étudiantes, des syndicats et différentes associations – dont le Cercle La brèche – présents sur le campus ont fait connaître leur opposition à ce qui constituait une limitation drastique de l’exercice des libertés d’expression, d’association et démocratiques.

Incompréhension?

Lors d’un «échange de vues» avec les opposant·e·s de la directive, lundi 10 novembre, le rectorat, pris la main dans le pot de confiture, s’est lamenté: il n’a pas été compris, il a mal formulé ses intentions… Mais quelles sont les intentions affichées par la direction qui aient pu justifier cette directive liberticide? Elle a fait état de «nombreuses plaintes» en provenance de la communauté universitaire, l’obligeant à «intervenir contre des situations déplaisantes». A quoi fait-elle allusion?

Des exemplaire de la Bible auraient été distribuées à la sortie des auditoires. Personne n’est obligé de s’en saisir. En outre, de quelle «Bible» parle-t-on? Une Bible commentée, cherchant à la contextualiser ou une Bible ne comportant qu’un simple texte? Au lieu d’en interdire la diffusion ou la soumettre à contrôle, pourquoi ne pas organiser un débat public, par exemple dans l’esprit du documentaire Corpus Christi, sur les différentes interprétations que l’on peut tirer de ce texte? L’Unil serait-elle dépourvue de théologiens alors que l’un d’entre eux a récemment été reçu au Collège de France? L’interdiction évite de penser, de réfléchir et d’argumenter…

Action d'affichage libre à l'initiative du Comité unitaire pour la défense des droits démocratiques à l'Université de Lausanne (lundi 10 novembre 2014)

Action d’affichage libre à l’initiative du
Comité unitaire pour la défense des droits démocratiques
à l’Université de Lausanne (lundi 10 novembre 2014)

Le rectorat a mentionné d’autres exemples. En 2012, il a interdit l’organisation d’une conférence discutant des OGM co-organisée entre une association universitaire et STOP OGM. L’argument? Dès lors qu’un débat scientifique est organisé au sein de l’université, il serait perçu comme émanant de l’Unil. Il aurait dû être organisé en partenariat avec un chercheur de l’Alma mater (24 Heures, 20 novembre 2012). Un large débat existe autour des OGM. Des scientifiques expriment des vues différentes. Plus largement, un titre universitaire suffit-il toujours à garantir la «scientificité» d’un débat ou d’une approche intellectuelle? Les universités n’ont-elles pas, à différentes périodes de l’histoire, également abrité des théories «scientifiques» infondées au sujet des «races» ou de l’infériorité intellectuelle des femmes, par exemple? Pensons-nous que l’application dans les domaines sociaux et techniques de certains principes scientifiques soit suffisament discutée? Ce n’est que par l’existence de larges débats et d’une pluralité ainsi que le droit que des associations «externes à l’Université» puissent s’exprimer en son sein. Nombre d’entre elles bénéficient d’une grande expertise, sur la durée. 

L’Université est à tous!

En revanche, le fait que la compagnie privée de sécurité, Securitas – dont on connaît son implication dans l’infiltration de mouvements sociaux – organise une séance de recrutement d’étudiant·e·s, le 29 octobre, dans une salle de l’Université et que des agents distribuent des flyers au moment même où tout affichage était prohibé ne figurait pas parmi les exemples de «situations déplaisantes» nécessitant une intrevention du rectorat. Peut-être que les recruteurs de Securitas étaient accompagnés d’un chercheur scientifique de l’Unil, spécialiste dans le profilage?

Les liens entre l’Université et la société ne doivent pas être restreints, ils doivent au contraire être élargis. Le campus doit être un lieu où la liberté de discussion, de débat et d’association la plus large existe. Cette pluralité est une garantie de vivacité et de créativité.

Que sont des libertés publiques? Comment et pourquoi sont-elles apparues? Quelles sont leur apport à la recherche? Pourquoi sont-elles menacées? Pourquoi faut-il être toujours vigilants pour empêcher qu’elles soient limitées et en user?

Nous vous proposons de participer de discuter de ces questions, après une introduction d’Alain Bihr.

*

Avec le soutien du site alencontre.org et du syndicat SSP-Hautes écoles.

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