Grèce/International

Solidarité avec le peuple grec: discours du MPS au rassemblement du 15 juillet à Genève

Par Mouvement pour le socialisme

Nous publions ci-dessous le texte distribué apr les membres du Cercle La brèche et du Mouvement pour le socialisme (Mps) en occasion du rassemblement de solidarité avec le peuple grec, qui a eu lieu à Genève le 15 juillet 2015; celui-ci est suivi par le discours prononcé à la même occasion par un membre du Mps-Clb. Nous rappelons aussi que le site alencontre.org publie régulièrement plusieurs articles concernant l’actualité politique, sociale et économique en Grèce. (CLB)

En Grèce, ce 15 juillet est un jour de protestation contre le troisième plan d’austérité imposé, de fait, par l’ensemble des institutions internationales, c’est-à-dire l’Eurogroupe (réunion informelle des ministres des Finances) la Banque centrale européenne, le FMI et les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE. Certes, le gouvernement de coalition (CDU/CSU-SPD) allemand dispose d’un poids prépondérant. Mais, au-delà de divergences traduisant des intérêts secondaires particuliers, tous les gouvernements de l’UE ont avalisé ce diktat. Il fallait infliger une défaite au gouvernement grec dont la colonne vertébrale est Syriza.

Ce 15 juillet aussi un jour de protestation contre l’acceptation, le dos au mur, de ce programme pluriannuel d’austérité par le premier ministre Alexis Tsipras. Il a déclaré, hier, à la télévision qu’«il ne croyait pas dans cet accord», mais, en substance, qu’il n’y avait pas d’autre solution. Et qu’il ne fallait pas sauter hors du navire de l’euro.

Ce midi, une première manifestation a eu lieu à Athènes, appelée par ADEDY (Confédération syndicale des services publics). Elle partait de la place Klathmonos pour aboutir à la place Syntagma (de la Constitution). Le mot d’ordre: «Non au nouveau mémorandum. Non à l’austérité. Non aux privatisations. Luttons jusqu’à la victoire». Gregoris Kalomenis, membre de la direction d’ADEDY, a mis au centre de son discours: la nécessité de continuer la lutte contre l’austérité, quel que soit le gouvernement. L’organisation «de masse» du KKE (PC), le PAME, a organisé une autre manifestation. Ce sectarisme conduit à une division irresponsable dans les rangs des salarié·e·s. Ce soir est convoqué un rassemblement, à 19h30, devant le Parlement. Au moment où les députés débattront de ce troisième mémorandum.

Les déclarations d’opposition contre l’accord, en provenance des sections locales et régionales de Syriza, se multiplient. Un texte d’opposition à l’accord a déjà réuni la signature de 109 membres du Comité central de Syriza, soit une majorité absolue. Le secrétaire organisationnel de Syriza, Tassos Koronakis, s’est déclaré opposé à l’accord. Il a demandé que le gouvernement démissionne et qu’un gouvernement intérimaire soit nommé jusqu’à des élections anticipées en novembre. Cela à partir d’une «connexion» dans le temps avec les élections en Espagne, et, disons-le, d’une illusion sur la position de la direction de Podemos.

Le Courant de gauche (Lafazanis) et le Red Network s’opposent à cette proposition qui impliquerait une application «intérimaire» de l’accord. Ils appellent au rejet de l’accord.

C’est dans ce contexte qu’il faut saisir le sens de l’appel du Red Network (DEA) – diffusé aujourd’hui. Le Red Network est membre de la Plateforme de gauche, aux côtés du Courant de gauche, au sein de Syriza. (Feuille diffusée par le MPS/BFS lors de la manifestation de solidarité avec le peuple grec, le 15 juillet à Genève)

***

Bonjour à toutes et tous,

Depuis des années, le Mouvement pour le socialisme a sous diverses formes informé sur les conditions de vie totalement injustes et inacceptables imposées à la majorité populaire de la Grèce. Il a dénoncé l’inqualifiable arrogance des gouvernement se européens et des grands médias qui n’ont pas manqué de stigmatiser la population grecque avec des accents xénophobes.

Et cela alors que les grandes fortunes des armateurs et autres spéculateurs trouvaient refuge dans les banques suisses ou dans celles du Luxembourg, dont le ministre des Finances était Jean-Claude Juncker, l’actuel président de la Commission européenne.

Ledit accord du 13 juillet au matin est un diktat. Un diktat qui n’est pas seulement celui du gouvernement de coalition allemand, coalition entre la droite bavaroise, les chrétiens-démocrates et la social-démocratie de Sigmar Gabriel. C’est un diktat de tous les gouvernements de la zone euro, qu’ils se définissent à droite, au centre ou, avec un certain cynisme, à gauche. En France, les écolos applaudissent, les frondeurs ne frondent plus et le Parti communiste est devenu quasiment europhile. Pour eux, l’accord est « positif ».

Par contre, en Grèce, 109 membres (sur 201 membres) du Comité central de Syriza, c’est-à-dire une majorité absolue, demandent que le gouvernement d’Alexis Tsipras ne se soumette pas à l’ultimatum des créanciers. Et la déclaration juge ledit accord comme non compatible avec les idées et les principes de la gauche. Et surtout avec les besoins des classes populaires.

Cette déclaration met aussi en garde contre toutes les mesures disciplinaires qui pourraient être prises contre les députés de Syriza qui voteraient aujourd’hui contre l’accord, sous une forme ou une autre.

Hier, le 14 juillet, le ministre de la Reconstruction productive, Panagiotis Lafazanis, a lancé le mot d’ordre dans une déclaration: « Retirez cet accord ».

Il a ajouté: « Cet accord peut passer au parlement avec l’aide de la Nouvelle Démocratie, du Pasok social-libéral, de To Potami, La Rivière », une opération des oligarques grecs.

Lafazanis a conclu: « Cependant cet accord ne passera pas devant le peuple, qui va l’annuler en pratique au moyen de son unité et de ses combats. L’alternative présentée par les créanciers – capitulation ou destruction – est truquée et terroriste. Elle n’a pas prise dans la conscience populaire. »

De nombreux députés membres de la Plateforme de gauche s’étaient déjà opposés, lors de la séance du Parlement du 11 juillet, à la proposition d’accord présentée par le gouvernement Tispras à l’Union européenne. Les deux députées femmes du Red Network, Ioanna Gaïtani et Elena Psarou, avaient clairement voté Non. Le Red Network, aux côtés du Courant de gauche de Lafazanis, fait partie de la Plateforme de gauche.

Aujourd’hui, c’est par dizaines que des résolutions d’opposition au diktat proviennent des sections locales et régionales de Syriza. Le Syndicat de la fonction publique a organisé une manifestation ce mercredi 15 juillet entre midi et 14 heures. On peut regretter que le PAME – structure syndicale contrôlée par le KKE (Parti communiste) – ait organisé une manifestation séparée. Mais il appartient aux travailleurs et travailleuses grecs de trouver dans la pratique une unité plus que nécessaire aujourd’hui, en un moment où les classes dominantes de l’Union européenne veulent transformer la Grèce en une néo-colonie avec la complicité active de quelques dizaines de familles oligarques habituées à partager le contrôle sur ce pays qualifié de « berceau de la démocratie ».

Dans le contexte actuel, plus que jamais, la majorité populaire grecque doit avoir connaissance de toutes les actions de solidarité conduites en Europe et dans le monde. Une solidarité qui repose sur la compréhension que cette majorité populaire est victime de ce qui est, pour le capital financier, le laboratoire économique, social et politique d’une contre-révolution rampante. Etre solidaire avec cette majorité populaire implique aussi d’informer, concrètement, sur les conséquences d’une guerre de classe, un terme utilisé par le Financial Times et, malheureusement, oublié par une grande partie de ladite gauche.

Aujourd’hui il faut être aux côtés, sans conditions, de tous les Grecs qui disent Non au diktat, Non à son acceptation. Au même titre où des générations précédentes ont su être solidaires avec les femmes et les hommes de Grèce qui luttaient contre les Colonels durant les années 1967-1974. (MPS 15 juillet 2015)

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