Cercles de lecture/Racisme et xénophobie

L’islamophobie : un rôle politique et des conséquences sociales – Cercle de lecture à l’Université de Fribourg

Cercle de lecture – La brèche



L’islamophobie : un rôle politique

et des conséquences sociales

DP-Shirin-Neshat-i377


Deux ateliers de discussions du Cercle La brèche à l’Université de Fribourg


Xénophobie et racisme: quel rôle dans la société actuelle ?

jeudi 15 octobre à 17h15

Université de Fribourg (Miséricorde) – salle MIS 2116

et

Une place particulière pour l’islamophobie dans le débat politique suisse ?

jeudi 5 novembre à 17h15

Université de Fribourg (Miséricorde) – salle MIS 4120

 

***

Le discours faisant référence à un étranger comme une menace pour notre société n’est pas nouveau. Cependant, au cours des dernières décennies, ces propos se sont teintés d’islamophobie en exploitant une soi-disant incompatibilité culturelle. Mais pour mieux comprendre les enjeux qui y sont liés, il faut aussi les resituer dans notre contexte social, politique, et économique. N’assistons-nous pas au travail actif de catégorisation et de fragmentation de la société par certains groupes politiques ? Pouvons-nous éviter de nous questionner sur les objectifs de ces groupes ?

Une islamophobie travaillée

Depuis de nombreuses années, nous assistons à une stigmatisation systématique de l’immigré. Déjà les travailleurs italiens et espagnols véhiculaient le spectre de la surpopulation étrangère, il y a 50 ans. Mais dès les années 90, la Suisse connaît une nouvelle vague d’immigration. Celle-ci vient notamment des Balkans, de Turquie ou de Somalie. Ces nouveaux-venus participent à l’émergence d’une communauté musulmane en Suisse. Faussement assimilés à des clandestins, l’opinion publique reproduite le discours dominant qui lie ces réfugiés à la criminalité. De plus, porteurs de traditions trop différentes des nôtres, leur intégration est un sujet polémique, qui dure encore.
Bien entendu, le racisme comme l’islamophobie ont des racines bien plus anciennes et profondes. Toutefois ces évènements participent à un certain climat de xénophobie. Celui-ci se cristallise notamment dans certaines actions politiques de la droite conservatrice. Des initiatives populaires connues, comme celles contre les minarets ou contre la burqa, ne constituent toutefois que la pointe visible de l’iceberg. Depuis la déposition d’une initiative contre le Centre Suisse Islam et Société, même notre Université est directement touchée par ce mouvement.
Mais ces attaques systématiques ne sont elles pas l’expression d’une stratégie politique soignée ? Le populisme patriotique a en effet démontré sa capacité à rallier les foules avec brio. Et, outre une part importante du marché électoral pour ceux qui attisent ce feu, que rapporte ce sentiment d’insécurité général face à l’étranger?

Diviser pour mieux exploiter

On peut envisager que le discours xénophobe participe à la construction d’un projet politique plus vaste et cohérent. En effet, on constate que la communication de certains groupes politiques est ponctuée d’attaques contre tous les groupes sociaux ne correspondant pas à un idéal patriotique. Ce sont bien souvent là les segments les plus fragiles de la société qui sont visés : chômeurs, bénéficiaires de l’aide sociale ou de l’assurance invalidité, toxicomanes, homosexuels et « délinquants » en tous genres. Des groupes sociaux que nul n’envie, mais qui se voient coller une étiquette de « profiteurs ». Il s’agit de raffermir la méfiance face à ceux qui sont trop différents. Mais par là, cette stigmatisation permet une fragmentation de la société. En favorisant le rejet de ses couches sociales, on autorise une logique de déresponsabilisation de la société face à ses éléments les plus fragiles. Mais ne s’agit-il pas de construire, ou du moins, d’entretenir, un problème social ? Défini comme problématique, l’étranger qui nous est présenté occulte d’autres sujets importants, et alimente un individualisme croissant au sein de la société. Sous un patriotisme apparent se cache donc la logique machiavélique du « divide ut reges » : diviser pour mieux régner.
Ainsi, dans un tissu social fragmenté, les attaques aux libertés et aux droits sociaux de l’ensemble de la population ne trouvent que peu de résistance. Les lieux de travail notamment, se composent de sujets sans aucun soutien social, faibles et exploitables, indépendamment de leurs origines ou de leurs croyances religieuses. En conséquence, si d’autres facteurs sont très importants, le discours xénophobe de certains politiques participe à maintenir une pression sociale et économique grandissante dans le monde du travail. Sentiments d’insécurité et de peur, stress, plusieurs études ont montré la progression importante de la pression psychologique ressentie à tous les niveaux professionnels. Parallèlement, les inégalités sociales et économiques n’ont fait que de se creuser pendant les dernières décennies en Europe et en Suisse plus particulièrement.

Dans ce cadre social et économique, comment pouvons-nous comprendre la régulière parution d’initiatives populaires xénophobes et liberticides? Quelles sont les conséquences de cette politique obnubilée par l’étranger ? Comment pouvons-nous limiter les mouvements xénophobes et favoriser le développement d’un tissu social solide ?

Afin de discuter de ces questions et de cette thématique, nous invitons toutes personnes intéressées à deux rencontres. Introduites par un rapide compte-rendu de lectures, ces ateliers ont pour but principal une discussion collective sur ce sujet d’actualité.

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Entrée libre. L’Université est étrangère à cet événement.

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