Droits humains/Manifestations/sit-in

Manifestation pour un véritable accueil des réfugié-e-s

MANIFESTATION

POUR UN VÉRITABLE ACCUEIL DES RÉFUGIÉ-E-S

STOP RENVOIS • STOP DUBLIN • STOP BUNKERS

 Samedi 10 octobre à 13h  •  Genève, Place Neuve


 

Nous reproduisons ci-dessous un texte du collectif No Bunkers de Genève, qui a été, entre autre, diffusé le 26 septembre 2015 par l’association Vivre ensemble. Le collectif No Bunkers s’est constitué de l’auto-organisation des requérants d’asile hébergés dans les abris PCi, dans le but de dénoncer les conditions de vie inhumaines qui leur sont imposées. Ces membres revendiquent et affirment ainsi leur dignité d’êtres humains. Le mercredi 14 octobre, le Cercle La brèche de Genève organise une conférence-débat sur les politiques migratoires européennes à l’UNIGE.

***

SORTIR DE TERRE

Les requérant-e-s  d’asile en lutte à Genève

NoBunkers2

Depuis six ans, alors que les associations travaillant au quotidien sur les questions de l’asile dénoncent « un dispositif d’hébergement cantonal des demandeurs d’asile qui n’a cessé de se densifier, jusqu’à arriver à saturation », les autorités font la sourde oreille. Depuis le début de l’année 2015, des mouvements de requérant.e.s d’asile vivant dans les bunkers, soutenus par des résident.e.s de Genève, relèvent la tête et forcent les autorités à les écouter.

À l’heure où une partie de la population européenne semble enfin prendre conscience du drame de la «crise des migrants», Genève sort d’un été qui a été ensoleillé par l’une des plus fortes mobilisations de ces dernières décennies et qui aura permis l’annonce de la fermeture des bunkers pour 2016.
Ce mouvement estival a été l’occasion de retrouver le plaisir d’être dans la rue et l’énergie formidable de mille voix criant à l’unisson leur solidarité. Cela a été l’occasion de manifester librement plus d’une vingtaine de fois à une époque où la simple diffusion de tracts est parfois pénalisée, taxée de manifestation non autorisée. La force et la solidarité émanant de ces mobilisations ont obligé les autorités à prendre des engagements sur la question des bunkers.
Après des années de banalisation des discours xénophobes, ce ne sont pas seulement les requérant.e.s qui relèvent la tête, mais toute une partie de la population qui ose enfin affirmer ouvertement son désaccord envers le racisme ambiant.
Des requérant.e.s d’asile au parcours souvent terrible, qu’on enterre dans des abris de béton, et qu’on traite comme des parasites, ont trouvé la force de dire non, réclamant une dignité qu’on leur refuse toujours et rencontrant enfin la solidarité de la population genevoise. Plus que jamais, alors que les député.e.s avaient enterré la motion engageant le Conseil d’État à fermer les bunkers, le rapport de force construit dans la rue, dans les médias et par un front très large de soutien aura prouvé que seule la lutte paie.

Cette lutte, nous vous en donnons un aperçu dans les pages qui suivent. Ces pages sont aussi l’occasion de comprendre que l’État punit lorsqu’il est attaqué, et frappe d’autant plus fort lorsque ses victimes ont peu de moyens de se défendre. Persuadés que la mobilisation porte ses fruits, nous vous appelons à rejoindre la lutte pour la fermeture des bunkers et pour des conditions d’accueil dignes. Des manifestations sont prévues, un nouveau regroupement de collectifs et d’individus est en train de se construire.

Pour plus d’informations : collectifnobunkers@gmail.com.
Nous vous souhaitons une bonne lecture !

(Septembre 2015)


DES REQUÉRANT-E-S D’ASILE SE LÈVENT POUR

EXIGER DE MEILLEURES CONDITIONS DE VIE

Depuis janvier 2015, des requérants d’asile [1] sortent du silence pour dénoncer les conditions de vie qui leur sont imposées et exiger un accueil digne et humain en Suisse. Depuis plus de neuf mois, l’organisation d’une résistance solidaire face à ces conditions de vie et aux renvois se renforce à Genève. Assemblées, rencontres, témoignages, manifestations et actions se succèdent pour construire un large mouvement contre la politique d’asile raciste et répressive à Genève, mouvement qui fait écho à celui d’autres cantons, notamment dans le canton de Vaud. Retour sur quelques moments de cette lutte.

Un cri: « Stop bunkers! »

Fin 2014, des requérants d’asile hébergés dans les abris PCi, avec l’aide des associations travaillant dans le domaine de l’asile, de collectifs de soutien et d’individus, commencent à s’organiser pour dénoncer la vie qui leur est imposée dans les bunkers. Nourriture avariée, promiscuité, néons allumés en permanence, air vicié : les requérants d’asile souffrent de problèmes physiques et psychiques. Sous la bannière du collectif Stop bunkers, ils demandent à être considérés comme des êtres humains et à sortir de terre. Le 26 janvier 2015, Stop bunkers s’affiche pour la première fois publiquement en allant déposer une lettre ouverte à l’Hospice général, lettre qui exige l’amélioration des conditions de vie des requérants. Dans le froid, ce sont environ 200 demandeurs d’asile qui se rassemblent devant le siège de l’Hospice général pour déposer cette lettre de doléances. « Stop bunkers ! Stop bunkers ! » : le slogan, scandé pour la première fois, deviendra le refrain des mobilisations qui se poursuivront les mois suivants. Jusqu’à la fin de l’hiver, de nombreuses rencontres sont organisées à Genève. Elles permettent peu à peu de répondre au premier problème relevé par Stop bunkers : « Vous ne nous connaissez pas. C’est normal, nous vivons sous terre. »

L’incendie des Tattes

L’incendie au Foyer des Tattes en novembre 2014, qui fait un mort et plusieurs blessés graves, met en lumière les conditions de vie déplorables des requérants d’asile à Genève. Ce qui s’est passé pendant l’incendie dans ce Foyer surpeuplé choque : des portes fermées empêchant les habitants de sortir et les contraignant à sauter par les fenêtres pour échapper au feu, les secours qui tardent à être appelés, aucune cellule de crise mise en place. Quelques semaines plus tard, une des victimes de l’incendie est renvoyée de Suisse, alors que l’enquête pour déterminer les responsabilités (notamment de l’Etat) dans ce drame est en cours. En janvier 2015, choqué par l’indifférence qui entoure l’incendie des Tattes, des citoyens s’organisent et vont à la rencontre des sinistrés directement dans l’enceinte du Foyer. Dans les mois qui suivent et jusqu’en juin, plusieurs rencontres ont lieu lors desquelles la situation des habitants des Tattes se révèle difficile à maints égards.

« Ayop restera ! »

En mars 2015, la mobilisation prend de l’ampleur pour s’opposer au renvoi d’Ayop Aziz, un jeune tchadien victime de l’incendie du Foyer des Tattes et menacé de renvoi « Dublin » vers l’Espagne, alors que la procédure judiciaire liée à cet incendie est encore en cours et qu’Ayop est suivi médicalement pour ses blessures. Les rassemblements et manifestations se succèdent : sit-in à l’aéroport réprimé par la police, des centaines de personnes défilant dans la rue quotidiennement, une centaine d’individus exprimant leur soutien en allant à la Favra (le centre de détention administrative où est enfermé Ayop), où les volets claquent au même rythme solidaire que ceux de Champ-Dollon, la prison voisine. Un réseau large d’élus se mobilise et prend position. Le mouvement grossit et a finalement raison de l’obstination du magistrat en charge, Pierre Maudet, qui finit par annuler le renvoi.

Genève semble s’être réveillée et retrouve le goût de la rue. En avril, une manifestation de 1000 personnes défile à Genève pour exiger la fermeture des bunkers, la fermeture des centres de détention administrative et l’arrêt des renvois. C’est l’occasion de répéter que les conditions de vie réservées aux requérants d’asile découlent d’une politique réfléchie et concertée des autorités suisses qui cherchent à décourager les éventuels prétendants à la migration en faisant de leur vie en Suisse un enfer.

Cela fait 6 ans que les associations travaillant au sein de la Coordination asile alertent les autorités sur la catastrophe à laquelle conduit la politique d’accueil mise en place à Genève. L’été approche et les bunkers continuent de se remplir sans qu’aucune prise de position publique des autorités ne laisse espérer une évolution. La motion engageant les autorités à cesser l’hébergement de réfugiés dans les abris PCi déposée au début de l’année au Grand Conseil est d’ailleurs enterrée avant l’été. Mais le feu couve.

L’occupation du Grütli

En juin, un nouveau bunker ouvre à Carouge, et l’Hospice général ordonne le transfert des habitants de deux bâtiments des Tattes (environ 90 personnes au total) vers le nouvel abri, sans aucune considération pour leur état de santé ni pour le fait que le Ramadan débute trois jours plus tard. Le 15 juin, dès le début des transferts, une quarantaine de requérants refusent d’être relégués sous terre et protestent toute la journée dans la cour du Foyer des Tattes. Quelques-uns lancent un appel au réseau de solidarité créé les mois précédents. La protestation devient manifestation. En fin de journée, lorsque la police repousse les militant.e.s de l’enceinte des Tattes, un cortège de 300 personnes descend jusqu’au centre-ville et décide d’occuper la Maison des Arts du Grütli plutôt que de laisser les migrants dormir dehors. Un nouvel épisode s’ouvre avec cette occupation et la naissance du Collectif d’occupation du Grütli ou Collectif No Bunkers.

Pendant près de trois semaines, le Collectif tient des assemblées sur le parvis du Grütli, cuisine quotidiennement pour plusieurs centaines de personnes et défile joyeusement dans les rues plusieurs fois par semaine. Entre 30 et 50 requérants ayant refusé leur transfert dans les bunkers dorment chaque nuit au 2ème étage du Grütli. Un soutien juridique se met en place pour défendre les requérants qui s’opposent à ces transferts.

Ce mouvement, qui prend de l’ampleur, force le Conseil d’Etat à entamer un dialogue sur des solutions rapides permettant de fermer les bunkers. Chaque jour ou presque, des communiqués relatent les derniers événements et l’avancée des négociations entre le Collectif d’occupation et l’État de Genève, représenté par le conseiller d’État en charge des affaires sociales, Mauro Poggia. À chaque appel à manifester, la foule grossit et le rapport de force avec les autorités penche toujours plus en faveur du Collectif. Le 20 juin, ce sont plus de 1000 personnes qui déambulent à travers la Fête de la musique.

Ce qui ressort de cette occupation, c’est la solidarité et le soutien de la population genevoise qui lutte enfin aux côtés des requérants. À l’appel du Collectif No Bunkers, de la nourriture, des produits de première nécessité, du matériel de couchage et même des imprimantes sont apportés. On retiendra aussi la capacité des différentes organisations et collectifs de soutien aux requérants, qu’ils soient institutionnels ou non, à s’unir dans la mobilisation. On se rappelle des nombreuses heures de débats, en plusieurs langues, qui ont lieu deux fois par jour sur le parvis du Grütli.

Toute personne ayant suivi l’un de ces rassemblements peut témoigner de la puissance qui s’en dégage. Des slogans scandés de bout en bout par des centaines de personnes, des chants, des camions sonos qui sont amenés pour accompagner la foule, des fumées multicolores qui s’élèvent dans le ciel. Genève aura vécu l’un des plus beaux mouvements de rue de ces dernières décennies. « C’est pas les immigrés, c’est pas les sans-papiers, c’est l’OCP qu’il faut virer !» : c’est l’un des slogans scandé par les manifestants, parmi les dizaines qui sont inventés par une foule où les requérants côtoient les poussettes de familles solidaires, les tout jeunes militant.e.s, leurs aîné.e.s retraités.

La vie des requérants au Faubourg

Après avoir toléré l’occupation du Grütli, la Ville de Genève accepte de laisser le Collectif No Bunkers emménager à la salle du Faubourg, l’État n’ayant toujours pas proposé d’alternatives à l’hébergement en PCi pour ceux qui ont refusé de baisser la tête. Durant l’été, les discussions se poursuivent avec le Conseil d’État et le Collectif appelle la population à se rassembler tous les jeudis sur la plaine de Plainpalais pour maintenir la pression. Malgré les vacances d’été, les rendez-vous se poursuivent et attirent toujours de nombreux soutiens aux points d’informations hebdomadaires et au repas commun. Plusieurs défilés prennent encore la rue, et parfois les rivières, comme lors de la manifestation aquatique que les berges du Rhône ne sont pas prêtes d’oublier.

Après avoir ignoré les revendications des requérants d’asile pendant plusieurs mois, le Conseil d’État, Mauro Poggia en tête, est contraint d’admettre publiquement que les bunkers constituent un hébergement indigne. Au milieu du mois d’août, les autorités annoncent la fermeture des bunkers pour 2016 et l’ouverture de plusieurs nouveaux lieux d’hébergement. Le Collectif No Bunkers a su apporter de nombreuses propositions en vue de la fermeture des bunkers, notamment le bâtiment où étaient sis les bureaux d’ONUSIDA, qui permettra d’ouvrir entre 150 et 200 places d’hébergement dans les prochains mois.

NoBunkers1

La lutte continue

Plusieurs mois de lutte prenant des formes diverses (motion au Grand Conseil, occupation spontanée d’un bâtiment municipal, manifestations dynamiques et répétées, le plus souvent sans autorisations, etc.) auront fait plier les autorités qui n’avaient porté qu’une attention distraite aux revendications des requérants, des mois durant.

Mais la situation est loin d’être réglée, et la pression populaire de la rue tout comme le suivi attentif des engagements du Conseil d’État sont encore nécessaires pour aboutir à la fermeture des bunkers.

Outre l’amélioration des conditions d’hébergement des requérants d’asile, de nombreuses autres dimensions de la politique migratoire suisse doivent être dénoncées et modifiées. La Suisse profite scandaleusement des accords Dublin, qui permettent les renvois automatiques des migrant.e.s vers les pays d’Europe du sud. Elle pratique la détention administrative et les renvois par vols spéciaux, qui doivent être abolis. A l’heure de cette « grande crise migratoire », le gouvernement cherche à limiter par tous les moyens les arrivées de réfugiés au lieu de faciliter leur venue.

Refusons ensemble ces politiques migratoires honteuses. Continuons la mobilisation !


QUAND MIGRATION RIME AVEC RÉPRESSION

Si le mouvement contre les bunkers, né ces derniers mois, nous laisse le souvenir d’une lutte joyeuse où l’en­traide et la solidarité étaient présentes au quotidien, il est essentiel de souligner que la répression qui s’est abattue sur les requérants a été l’autre face de cette mobilisation. Tracasseries administratives, interdictions de périmètres, suppression de l’aide d’urgence, arrestations, intimida­tions et violences policières, enfermements et renvois : voilà autant de moyens que l’Hospice général et l’État ont employé pour tenter de museler ce mouvement.

Depuis le début de cette mobilisation, les requérants d’asile en lutte ont été la cible d’intimidations voire de harcèlement de la part des agents de sécurité travaillant dans les Foyers et des forces de police. La police a sou­vent fait usage des photographies prises lors des rassem­blements et manifestations pour sommer les requérants de renoncer à réclamer de meilleures conditions d’ac­cueil. Les contrôles de police qui sont déjà très sévères envers les requérants l’étaient encore plus contre ceux domiciliés à la salle du Faubourg, qui ont été victimes de plusieurs arrestations abusives, de retenues d’affaires personnelles ainsi que de violences policières.

La direction de l’Hospice général, qui assume bien plus souvent un rôle de surveillance et de contrôle plutôt que d’aide et de service social, n’est pas en reste. En plus de nombreuses intimidations, elle n’a pas hésité à priver les membres du Collectif de plusieurs de leurs droits en leur enlevant l’aide financière d’urgence, les prestations médicales et sociales, ainsi que l’accès à leurs effets per­sonnels. Il a fallu que ces pratiques soient publiquement dénoncées et que la mobilisation prenne de l’ampleur pour réduire les pressions exercées par l’Hospice contre les requérants.

Si la répression étatique s’est intensifiée avec l’occupa­tion de la Maison des Arts du Grütli, la volonté de briser le mouvement était déjà présente à ses débuts. Ainsi, au début de l’année 2015, l’Hospice a transféré les membres les plus actifs de Stop bunkers dans des Foyers éloignés les uns des autres. Bien plus grave, pour éviter d’être mis face à ses responsabilités, l’État a procédé aux renvois de requérants ayant été directement affectés par l’incen­die des Tattes lorsque les procédures judiciaires étaient encore en cours.

L’enfermement dans des centres de détention administra­tive et les renvois constituent un autre moyen, particuliè­rement drastique, pour empêcher les requérants d’asile de lutter pour de meilleures conditions de vie. Outre l’aspect indigne d’enfermer des personnes pour le seul motif qu’elles n’ont pas les «bons papiers», l’enferme­ment administratif a été aussi utilisé comme moyen de répression contre les requérants. Depuis plusieurs mois, une dizaine de membres du Collectif No Bunkers ont été enfermés, et certains renvoyés, parfois par vol spécial. N’ayant plus que son corps pour lutter, l’un d’eux, Mo­hamed, s’est mis en grève de la faim pendant près de 50 jours pour protester contre sa détention administrative et son renvoi en Tunisie.

Nous constatons encore une fois qu’il est plus difficile pour les plus démunis de se battre pour de meilleures conditions de vie. Les requérants d’asile, déjà privés de nombreux droits, sont la première cible de la police et de l’État lorsqu’ils osent exprimer la moindre revendication contre la politique migratoire odieuse qu’ils subissent au quotidien. Néanmoins, et malgré des tentatives répétées pour empêcher que ce mouvement ne prenne de l’am­pleur, l’État ne réussit pas à venir à bout de cette mobilisation. Car dans cette lutte, les requérants ont beaucoup à gagner et peu à perdre, ils ne lâcheront rien. (Septembre 2015)

NoBunkers


[1] Dans ces quelques pages, nous utilisons le terme «re¬quérant d’asile» de manière indistincte pour désigner les requérants d’asile avec permis N, les déboutés avec un «papier blanc», les NEM, les NEM Dublin, etc. En effet, nous prenons ici le point de vue des principaux intéressés, qui restent des requérants d’asile, que la Suisse leur accorde ou non ce droit!

 

 

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