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NON à l’autoritarisme social ! Des droits sociaux pour tous et toutes

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Nous reproduisons ci-dessous le texte du tract distribué par des militants du Cercle La brèche et du MPS au cortège du 1er mai à Genève.

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« Frein à la pression migratoire », « lutte contre l’immigration illégale », « sacrifices pour sortir de la crise »… Dans un contexte de crise du système capitaliste, ces discours tentent de légitimer les attaques contre les salariés pour les diviser profondément, mettant dos à dos migrants et locaux, réfugiés et nationaux, Européens et clandestins, etc. Dans ce concert contre les salariés, la bourgeoisie et le gouvernement helvétiques jouent leur partition à cœur joie.

Diviser les salariés d’ici et d’ailleurs

La crise sociale et économique actuelle prend la forme de guerres, dont les conséquences sont dramatiques pour les populations au Moyen-Orient, en Afrique, en Europe de l’Est. Les droits les plus élémentaires sont ainsi effacés: droit à la paix, à la dignité personnelle, à la véritable libre circulation, à la santé, à la formation, au logement… La forteresse juridique et militaro-policière érigée par les pays de l’Union européenne (UE) et la Suisse pour défendre «l’immigration choisie» a tué près de 4000 personnes en Méditerranée en 2015. Les accords de Schengen et le règlement de Dublin sont mis en œuvre par des agences policières, des fichiers de flicage continental, des accords d’expulsion (dits de «réadmission» et signés avec nombre de dictatures), des opérations de chasse au migrant menées en mer avec l’OTAN, des camps d’internement dans les pays de l’UE et dans les pays aux marges de l’UE, sans parler des centaines de milliers de migrants condamnés à l’errance dans cet effrayant réseau liberticide. En Suisse, tous les partis politiques, les syndicats et les associations patronales ont soutenu Schengen et Dublin; seules quelques formations s’y sont opposées, l’Union démocratique du Centre (UDC) et ses satellites… parce qu’elles veulent encore pire. La Suisse figure parmi les pays européens qui ont procédé au plus grand nombre de renvois d’étrangers (avec le chapelet d’emprisonnements administratifs, de renvois violents et humiliants sous contrainte).

13092032_1027184274037825_6458248146953541257_nDepuis son entrée en vigueur (1981), la loi fédérale sur l’asile (LAsi) n’a cessé d’être durcie. Les dernières modifications, réalisées sous la houlette de la conseillère fédérale socialiste Simonetta Sommaruga, n’ont fait qu’aggraver les reculs de 2005 réalisés sous la houlette de l’UDC Christoph Blocher. Aujourd’hui le statut de réfugié, inscrit dans la Convention de Genève (1951), est réduit à néant, sauf pour un «refuge choisi» de quelques sélectionnés. Et les autorités mettent en place de nouveaux «camps de réfugiés» fédéraux. Leur gestion va être sous-traitée à des entreprises privées telles que ORS, AOZ, Securas, Abacon, Sichernheit, Juggers Securité et Prosegur, dans le but de favoriser le business des migrants. Le traitement des demandes d’asile et des renvois va être «accéléré», paraît-il… La nouvelle et n-ième attaque au droit d’asile, soumise au vote le 5 juin prochain, prévoit quant à elle un paquet de durcissements, tandis que la gratuité de l’assistance légale qu’elle introduit pour les requérants n’est qu’une farce destinée à faire avaler la pilule à une partie des milieux de l’asile!

Attisant les guerres, les destructions et l’exil, les entreprises suisses exportent plus de matériel de guerre, en hausse depuis 2005, vers 71 pays, dont l’Afghanistan, l’Irak, le Pakistan, la Turquie, l’Ukraine, la Russie. Rappelons que la Russie soutient énergiquement le régime criminel du dictateur syrien Bachar Al-Assad, principal responsable, avec Daesh, de la destruction du pays et de l’anéantissement d’un peuple qui s’est soulevé, en mars 2011, pour revendiquer du pain et de la démocratie. L’augmentation annoncée des dépenses de l’armée suisse va également contribuer au meilleur équipement des 2’000 soldats mobilisés pour lutter contre «l’afflux massif des réfugiés», selon le projet du conseiller fédéral UDC Guy Parmelin.

Camoufler les attaques contre tous les salariés

Les durcissements dans le domaine de l’asile, des politiques migratoires et de la sécurité intérieure (nouvelle loi sur la surveillance, LRens, et nouvelle loi sur la surveillance de la correspondance par poste et télécommunication, LSCPT, contre laquelle le référendum est en cours), visent à créer un sentiment d’état d’urgence permanent. D’un côté, les ennemis intérieurs, «terroristes», «délinquants», «abuseurs des assurances sociales» et autres dangereux étrangers qui profiteraient de «l’immigration massive»; de l’autre côté, les Suisses et les bons étrangers – patrons et salariés unis – pour faire face à cette nouvelle «menace». Le but est de construire un conflit ad hoc: celui du Nous contre les Autres pour camoufler la véritable guerre sociale – qui prend une ampleur inconnue jusqu’ici par nos générations – menée par le Capital contre le Travail. Les attaques au salaire direct, au salaire  indirect (politique sociale et assurances sociales), aux conditions de travail, à la politique fiscale, sont ainsi masquées par des soi-disant conflits identitaires.

Mais la guerre sociale est bien présente.  La richesse des 300 personnes plus riches en Suisse a crû trois fois plus que le PIB depuis 1989;  le cinquième le plus riche des Suisses et Suissesses possède le 86 % de la fortune totale! En même temps, les capitalistes imposent leurs «révisions» fiscales, en baissant leurs impôts: 170 millions en 1998 (Confédération), puis 850 millions (cantons) et 1,2 milliards (Confédération) en 2009, ensuite réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) en 2018, avec au minimum 3 milliards de pertes pour la Confédération et les cantons et 1,5 milliard pour les communes. Sans parler de la multiplication des baisses fiscales cantonales et communales…

Une double mobilisation est nécessaire

La baisse des salaires, direct et indirect, l’attaque aux services au public (santé, éducation, logement, transports, etc.) sont à l’origine du transfert massif de la richesse produite par le Travail vers le Capital. Nous devons construire une mobilisation autour des axes suivants:

  • Le droit de vote et d’éligibilité pour tout salariés résidant en Suisse; la régularisation collective de tous les sans-papiers; la lutte contre Schengen et Dublin, la reconstruction d’une politique d’asile, le droit au mariage et au regroupement familial pour tous les Suisses et les étrangers, l’accès libre pour tous aux services de santé, à l’éducation, à la formation, l’accueil des réfugiés dans la dignité, avec des fonds prélevés sur le budget militaire; l’abrogation des lois contre la pauvreté (mendicité).
  • Le renforcement des services publics, financés par la taxation des grandes fortunes et des bénéfices des entreprises; la reconversion civile des activités de l’industrie d’armement en Suisse, en garantissant l’emploi par le recyclage garanti; l’introduction d’une protection contre les licenciements; la définition de salaires minimaux élevés et contraignants dans toutes les conventions collectives de travail, dans tous les contrats-type et de salaires d’usage dans tous les métiers non couverts par des contrats collectifs. 

(MPS, 1er mai 2016)

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Tract en format PDF


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