Colombie/Films

Colombie: la démocratie passe par la défense du droit d’usage des terres contre l’expropriation!

Projection du film-documentaire

ALGÚN DÍA ES MAÑANA

de Ricardo TORRES

Colombie-Suisse, 2014, 70’

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EN PRÉSENCE DU RÉALISATEUR

Mercredi 26 octobre 2016 18h00 · Uni-Mail · salle M R060

Organisée par Le Cercle La brèche. Avec le soutien de l’Association d’étudiants Latino Americain (ALMA), Amnesty International Groupe Uni Genève et du  Centre de conseils et d’appui pour les jeunes en matière de droits de l’homme (Codap).

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4-de-abirl-2011-alejandro-ader-misael-carlos-adelante-con-su-bandera-y-rumbo-a-la-tierra-prometidaLe film-documentaire Algún día es mañana (Un jour viendra), réalisé par Ricardo Torres et Regula Gattiker, raconte la lutte pacifiste des paysans de la communauté de Las Pavas (sud-ouest de la Colombie) contre l’activité d’une grande multinationale de l’agrobusiness. Suite au rachat des terres à des paramilitaires, la multinationale en question impose la monoculture d’huile de palme. Les agriculteurs sont ainsi expropriés des terres qu’ils et elles cultivaient depuis très longtemps. C’était leur seul forme de subsistance. Dès lors, ils engagent une lutte pour les reconquérir. La multinationale réagit par des formes diverses d’intimidation et de répression : violences, empoisonnement du bétail, mécanismes de cooptation d’une partie des paysans pour les faire travailler dans les plantations, etc. Même l’Etat exerce son pouvoir contre les agriculteurs en lutte. Dans un premier temps, sa stratégie consiste à criminaliser le mouvement de résistance paysanne. Puis, il n’hésite pas à accuser les agriculteurs en lutte d’être des guerilléros. Ce n’est que la détermination de la lutte à conduire le gouvernement, à reconnaître formellement le droit à l’usage des terres pour cette communauté. Pourtant, la réalité montre que les intimidations et l’exploitation des terres par la multinationale continuent avec la complicité tacite de l’Etat.

La question de la propriété et du droit à l’usage des terres sont un enjeu très confllictuel dans l’histoire de la Colombie. L’exploitation des terres a pris plusieurs formes au cours du temps : depuis le régime féodal du latifundium (grandes propriétés terriennes) du début XX siècle, en passant par les grands seigneurs terriens locaux, jusqu’aux grandes entreprises multi- et trans-nationales d’aujourd’hui. Ces différents propriétaires n’ont jamais hésité à utiliser des groupes paramilitaires pour « protéger » leurs domaines, souvent en réprimant dans le sang les contestations paysannes. L’État colombien a toujours favorisé ces pratiques répressives. Pour ne prendre qu’un exemple, au cours des années 1960, des groupes d’autodéfense organisés par les paramilitaires sont apparus dans le contexte de la politique de terreur d’État, avec l’autorisation officielle (décret 3398 de 1968) et avec le soutien de secteurs du haut commandement militaire. Ces groupes ont fait leurs preuves dans la défense des intérêts des propriétaires terriens…

Plus récemment, Doles Fruits ou Chiquita se sont fait connaître pour avoir fait appel aux paramilitaires, en particulier au groupe Autodéfense Unie de Colombie (AUC), dans le but de réprimer toute forme de contestation envers leurs pratiques d’expropriation de terres. Avec quel résultat ? Doles Fruits a été appelé en justice pour l’assassinat d’au moins 57 citoyens colombiens ! Des multinationales suisses sont aussi présentes sur le territoire colombien, et ce depuis longtemps. Xstrata-Glencore (commerce du pétrole, métaux et autres matières premières), par exemple, est accusée de contraindre des populations entières à se déplacer pour pouvoir mener à bien ses affaires. Cette « pratique » de déplacement de populations est une constante dans l’histoire colombienne. Le nombre de déplacés à l’intérieur des frontières a atteint aujourd’hui presque 6 millions d’habitants, soit un peu moins de 10% de la population, d’après le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (UNHCR). De plus, les menaces de mort adressées aux travailleurs et travailleuses ainsi qu’à leurs représentants syndicaux sont récurrentes dans les entreprises actives dans le pays comme le montre le cas de l’entreprise Nestlé. Ceci dans un pays qui détient le triste record du nombre d’homicides de syndicalistes : plus de 2500 entre 1986 et 2008!

Aujourd’hui, à l’orée du grand débat sur les accords de paix signés le 26 septembre 2016 entre le gouvernement et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), refusés lors du référendum du 2 octobre par 50,2% des votants, la question agraire assume une importance capitale. Dans une période où les terres agricoles ont permis aux transnationales actives dans la production primaire ou extractive de faire des profits élevés, les investissements et les accaparements de terre ont crû de manière exponentielle. L’un des enjeux du processus de paix concerne précisément le droit d’usage des terres actuellement sous le contrôle des FARC. D’une part, ces terres pourront davantage faire l’objet d’une privatisation et d’une exploitation massive, comme le reste des terres agricoles, des mines, etc. D’autre part, la perspective des accords de paix pouvait ouvrir la porte à une gestion collective et démocratique des terres par ceux et celles qui les cultivent, et qui représentent leur lieu de vie. Ceci implique la reconnaissance de ces terres comme étant un «bien commun» dont l’usage serait voué à la satisfaction des besoins de la population locale.

Nous proposons d’en discuter autour du documentaire de Ricardo Torres et Regula Gattiker mettant au centre de la réflexion la question du droit d’usage des terres, dont l’enjeu est le parcours de démocratisation du pays. (Cercle La brèche, 6.10.2016)

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Trailer du film

Images du film

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Flyer d’appel à la soirée en pdf

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Dossier Colombie (alencontre.org, La crèche)

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