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Déchiffrer le profit pour comprendre la société. Cycle de lecture politique La brèche

DECHIFFRER LE PROFIT POUR COMPRENDRE LA SOCIETE

Cycle de lecture politique La brèche à partir de l’ouvrage de Christophe Darmangeat Le profit déchiffré, Paris, La ville brûle, 2016

Les Temps Modernes

La crise économique et financière de 2008 a mis en évidence que l’affrontement entre classes sociales est loin d’avoir disparu dans la société capitaliste. En effet, cet affrontement prend la forme d’une attaque aux conditions de travail et de vie contre une large majorité de la population, en particulier de la classe des travailleurs et des travailleuses. Il s’agit d’une guerre sociale du « 1% » contre le « 99% » de la population pour reprendre la bannière du mouvement Occupy Wall Street (2011). Deux chiffres permettent d’illustrer les formes que prend cet affrontement. La part des salaires dans le revenu mondial a diminué d’environ 10% entre 1970 et aujourd’hui. Parallèlement à cela, le « 1% » de la population connaît une concentration de richesse inédite. Le résultat est une augmentation des inégalités sans précédents. Les mesures d’austérité prises conjointement par des institutions supranationales (Commission européenne, Fonds monétaire international et Banque centrale européenne) et les gouvernements nationaux, renforcent ultérieurement cette répartition des richesses en faveur du Capital. Dans cette perspective, il faut détruire les Etats sociaux, dérèglementer le marché du travail et privatiser ultérieurement les services publics dans les pays européens, notamment ceux dit du « Sud » (Portugal, Italie, Grèce, Espagne).

Quels types de mécanismes sont à même d’expliquer cette polarisation de la répartition des richesses dans la société ? Pour essayer de répondre à cette question, il nous paraît indispensable de saisir les mécanismes sociaux et économiques à l’œuvre dans la création, la production et la répartition des richesses sous le régime capitaliste. Cela signifie comprendre la logique intrinsèque de son fonctionnement : la recherche du profit autour de laquelle s’organise toute activité productive et sociale. Dans le but de comprendre les évolutions du monde de travail et des nouvelles formes de contestation du système capitaliste, nous proposons de revenir sur les fondements de celui-ci sans pour autant tomber dans une approche dogmatique des faites économiques. C’est parce que nous partons de la lecture d’un ouvrage récent, Le profit déchiffré (Darmangeat, 2016) en le combinant avec des articles d’actualité. Si tu es intéress-e-s, prends contact avec le Cercle la brèche pour participer à ce cycle de lecture et pour recevoir le matériel!

Notre cercle de lecture se déroule autour de deux rencontres.

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Déchiffrer le profit pour comprendre la société actuelle

23 novembre à 18h15 à Uni-Mail (salle M R040)

ob_3e05f5_lasserre-collegeLa recherche de profit paraît comme un élément naturel et légitime dans la société capitaliste. Parmi les explications les plus récurrentes, il y a l’idée que sans le profit aucune entreprise n’investirait dans la production, que le profit provient de l’habilité et du sens des affaires des entrepreneurs, et que l’investissement du capitaliste doit être rémunéré parce que seul le profit permettrait le progrès social. Ces explications permettent aux capitalistes de se présenter comme des bienfaisants qui « donne » du travail aux travailleuses et travailleurs contre un salaire, jouant ainsi un rôle bénéfique pour la collectivité. Sans le profit, il n’y aurait ni innovations ni bien-être pour les consommateurs, car une entreprise déficitaire est vouée à disparaître. Pourtant, comment expliquer la dégradation des conditions de vie et de travail, les licenciements, le chômage, la pauvreté, etc. (est-ce cela le bien-être?!) alors même que les capitalistes continuer à accumuler des richesses? Ne serait-ce pas la recherche du profit à en être la cause de tout cela?

La réponse à ces questions doit être recherchée dans la nature sociale du profit. En effet, loin d’être une caractéristique « naturelle » de la société, le profit est le produit d’un long processus historique marqué par des affrontements sociaux. Comprendre ce processus implique de se poser les questions suivantes: Qu’est-ce que le profit ? Par quoi, et surtout par qui, est-il créé ? Quels mécanismes régissent sa répartition, et comment contribuent-ils à obscurcir son origine? Pour nous, le point de départ pour trouver une réponse cohérente à ces questions consiste à considérer le capitalisme comme étant un mode production basé sur la production non pas sur la satisfaction des besoins humains, mais sur la production de marchandises pour le profit. Cela nous conduit à une autre question essentielle : le profit ne dissimule-t-il pas l’existante d’un rapport d’exploitation dans notre société?

Textes utilisés

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Mettre en question le profit : quelques réflexions posées par des luttes sociales

7 décembre 2016 à 18h15 Uni-Mail (salle M R040)

Il n’en reste pas moins que la logique de recherche du profit n’affecte pas toutes les catégories de salariés. Le service public est organisé par exemple autour de la satisfaction des besoins d’intérêt général (éducation, santé, transports, etc.). Il y a une idée répandue selon laquelle les salariés du secteur public sont fondamentalement « parasitaires », car ils touchent un salaire sans « rien produire » au sens de l’économie capitaliste ; et qu’il faudrait dès lors réduire leur nombre, voire permettre aux capitaux privés de prendre en charge les services publics, ce qui implique la transformation de ceux-ci en marchandises que seul ceux et celles qui disposent de larges revenus puissent s’acheter. Pourtant, les travailleurs et travailleuses du secteur publique et parapublique connaissent une dégradation de leurs conditions de travail et de salaire. De plus, le capital prend de plus en plus en charge des prestations relevant du public, ce qui transforme les rapports de production pour les salariés concernés. Pourquoi y a-t-il un intérêt à privatiser des services octroyés par des salariés dits «improductifs», «qui ne produisent rien»? Comment peut-on travailler tout en étant improductifs? En quoi le dit travail est censé être productif ou improductif? Comment ses catégories changent-elles selon la logique de valorisation du Capital? Répondre à ces questions permet d’aborder un enjeu fondamental : la différenciation, ou même l’opposition, entretenue par le discours dominant entre les fonctionnaires du public et les ouvriers du privé n’est qu’apparente. Quel est alors le point commun entre ces deux catégories?

le-profit-dechiffre_couv00Pour tenter de réponse à ces questions, il faut considérer que la société est basée sur une division sociale du travail. Cela signifie qu’il ne faut partir du travailleur pris isolément, ou d’un groupe de travailleurs, pour comprendre les mécanismes à l’origine du profit. En effet, tous ces travailleurs réunis constituent un «travailleur collectif», dont tout membre, indépendamment de son occupation particulière, participe à un système social d’ensemble. C’est précisément ce que mettent en lumière les luttes sociales. Nous proposons d’en discuter à l’appui d’un exemple récent qui nous est proche : les points de convergence entre les luttes des travailleurs et travailleuses qui ont eu lieu à l’Aéroport de Genève contre le dumping salarial et le mouvement de la fonction publique et parapublic. En effet, la logique du profit structure l’ensemble de la société, c’est-à-dire qu’elle y subordonne toutes les catégories de salariés, sont-ils considérés productifs ou improductifs. Ces luttes posent en filigrane, chaque fois dans des modalités spécifiques, une question commune: Comment la richesse est-elle produite? Par qui? À travers quelles modalités?

Textes utilisés

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